/news/education
Navigation

Les inscriptions pour le trimestre d’été réduites de moitié à la TÉLUQ

Les élèves du 1er cycle sont pris en otage par le conflit qui dure depuis trois mois

Les inscriptions pour le trimestre d’été réduites de moitié à la TÉLUQ
Photo Jean-François Desgagnés

Coup d'oeil sur cet article

Déclenchée il y a plus de trois mois, la grève des tuteurs de la TÉLUQ fait mal à l'université de Québec qui a vu ses inscriptions pour le trimestre d’été fondre pratiquement de moitié, a appris Le Journal.

Environ 200 tuteurs, ces personnes responsables d’offrir un accompagnement aux étudiants de l’université d’enseignement à distance affiliée à l’Université du Québec, ont déclenché une grève générale illimitée le 28 janvier dernier. Ils en ont notamment contre le virage organisationnel entrepris par l’établissement.

Depuis, les tuteurs n’offrent plus d’encadrement aux étudiants de 1er cycle, ne corrigent ni les travaux ni les examens, ce qui retarde le cheminement scolaire des étudiants.

La direction de la TÉLUQ a donc été contrainte de réduire son offre de cours pour le trimestre de l’été 2019 ne pouvant fournir des cours encadrés par des tuteurs, mais uniquement par des professeurs.

En date du 25 avril, près de la moitié des inscriptions (48,3 %), tous cycles confondus, n’ont pu être maintenues comparativement à l’été 2018, selon la directrice par intérim du Service des communications et des affaires publiques de l’Université TÉLUQ, Marie-Thérèse Brunelle.

Cheminement scolaire retardé

« Avec la réduction de notre offre pour le trimestre d’été, nous avons maintenu la moitié (51,7 %) des inscriptions, tous cycles confondus », confirme-t-elle.

« On les retarde dans leur cheminement », admet Mme Brunelle, qui, sans vouloir débattre du conflit sur la place publique, espère une entente rapide. « Ce sont les étudiants qui sont pris en otage là-dedans. [...] Il y a des milliers de travaux actuellement qui ne sont pas corrigés. »

Selon Mme Brunelle, chaque jour, l'institution reçoit une dizaine d’appels ou de courriels d'étudiants mécontents.

Stéphanie Goudreau, une mère de trois enfants qui s’est inscrite au certificat en gestion des services de santé et des services sociaux en janvier dernier afin de progresser dans son milieu de travail, est freinée par le conflit.

« Un cours, c’est 400 $. Je devais avoir un examen le 17 mai, j’ai dû le repousser au 17 juillet, mais est-ce que je vais pouvoir le faire ? » se questionne celle qui s’était inscrite à deux cours et a dû en annuler un.

« J’aurais pris deux ou trois cours à l’été, mais je ne peux pas. Ils ne sont pas encadrés. Ceux qui l’étaient, il n’y a plus de place, c’était très limité. Je ne suis pas certaine de me réinscrire au certificat. [...] Ça me freine beaucoup. »

Nombreux impacts

Également étudiante au 1er cycle à la TÉLUQ, Caroline Larose effectuait un retour aux études après de « longues années » à travailler en tant qu’adjointe. La jeune femme soutient que la grève a un impact majeur sur la durée de son admissibilité aux prêts et bourses dont elle dépend pour poursuivre ses études.

« J’aurai perdu concrètement quatre mois de prêts et bourses, soit près de 6000 $, étant donné la durée excessive de la grève », dénonce Mme Larose qui administre une page Facebook regroupant 300 étudiants de la TÉLUQ.

« Les commentaires recueillis démontrent l’inquiétude : promotion retardée, non-obtention d’un emploi, projet sur la glace, perte financière, insécurité face à la valeur du diplôme. Chacun vit la grève différemment, mais indéniablement, il y a des impacts majeurs » énumère-t-elle.

Grève des tuteurs de la TÉLUQ

  • 12 000 des 20 000 étudiants affectés
  • Été 2018 : 292 cours de 1er cycle offerts
  • Été 2019 : 136 cours de 1er cycle offerts
  • En date du 25 avril 2019 : 262 cours offerts au trimestre d’été 2019 comparativement à environ 440 habituellement (tous cycles confondus)
  • Dès que la grève sera terminée, les cours reprendront où ils ont été laissés
*Source : TÉLUQ de Québec