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Possible vente de Transat: l’entreprise pourrait être scindée

La scission des activités de transporteur et de voyagiste est un scénario envisagé

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Transat AT pourrait être scindée afin de trouver des acquéreurs québécois, a appris Le Journal.

La subdivision de l’entreprise, qui est à la fois transporteur et voyagiste, est au nombre des scénarios envisagés, selon nos informations.

S’il existe plusieurs joueurs québécois qui se spécialisent dans la commercialisation ou la distribution de forfaits de voyage, les compagnies aériennes sont plus rares. Les pourparlers qui ont eu cours jusqu’à maintenant concerneraient davantage les activités de voyagiste, nous dit-on.

Le ministre Pierre Fitzgibbon s’est entretenu avec des gens possiblement intéressés à acheter Transat.

Le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon
Photo Simon Clark
Le ministre de l'Économie, Pierre Fitzgibbon

« J’ai eu un appel [hier matin] avec un groupe québécois qui travaille dessus depuis quelque temps et qui est prêt à le regarder. Des gens, en fait, qui n’ont pas besoin de nous autres nécessairement, mais je me suis porté disponible pour les aider », a confié le ministre de l’Économie, qui a refusé de donner des noms.

Mais plusieurs gros transporteurs pourraient également souhaiter faire l’acquisition des opérations aériennes de Transat, qu’on pense à WestJet, Sunwing ou Air Canada.

Un siège social de 460 employés

Pierre Fitzgibbon n’a pas caché son inquiétude devant la possibilité qu’un concurrent avale le voyagiste québécois. Selon lui, si Transat est capable de survivre en tant qu’entreprise indépendante, il faut prioriser cette voie. « Les Québécois aiment Air Transat », a-t-il soutenu à l’Assemblée nationale.

Si jamais le transporteur Air Canada avait de l’intérêt pour Transat, le Bureau de la concurrence devrait s’en mêler, a insisté le ministre, qui veut que le siège social qui compte 460 employés reste au Québec.

Notons que sur les 5000 employés de Transat AT, il y en a 3200 au Québec. Ce sont les opérations aériennes qui emploient le plus de personnel (2900), contre 1140 personnes reliées aux activités de voyagiste, de commercialisation et de distribution.

François Legault, qui a cofondé Air Transat en 1987, n’a pas caché, mardi, que ce dossier est très émotif pour lui.

Comment voit-il un éventuel intérêt d’Air Canada pour son ancienne entreprise ?

« J’ai dit hier que je veux être prudent, j’ai déjà été un gros compétiteur d’Air Canada quand j’étais chez Air Transat, donc je laisse ça à Pierre Fitzgibbon. On va regarder toutes les possibilités, mais la priorité, c’est de tout faire pour garder le siège social au Québec », a dit le premier ministre.

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Prudence, demande QS

Cette proximité entre François Legault et la compagnie aérienne québécoise ne doit toutefois pas influencer la décision d’affaires qui viendra, prévient le député solidaire Vincent Marissal.

Québec solidaire souhaite que Transat demeure « un fleuron québécois », mais également que le gouvernement caquiste gère prudemment ce dossier.

« Le ministre de l’Économie s’est garroché un peu vite devant les kodaks, et il a envoyé tous les signaux que le gouvernement allait intervenir. Est-ce qu’il a fait monter les enchères ? Possiblement », a dit M. Marissal.