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Au cœur de Carmen

Éric-Emmanuel Schmitt raconte la vie de Bizet

Le Mystère Carmen
Photo courtoisie, Yves Renaud Présenté sous forme de concert-lecture en 2012 et 2014, Le Mystère Bizet est devenu Le Mystère Carmen lorsque la metteuse en scène Lorraine Pintal a lu le texte d’Éric-Emmanuel Schmitt et qu’elle lui a proposé d’en faire un spectacle. 

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Le compositeur français Georges Bizet est décédé trois mois après la première de Carmen à Paris. Cette œuvre qui a subi, à l’époque, les foudres des critiques est aujourd’hui l’un des trois opéras les plus joués dans le monde.

Amateur d’opéra depuis son enfance, le comédien, auteur et dramaturge Éric-Emmanuel Schmitt a eu envie, un jour, d’écrire sur Bizet, qui est mort très jeune, à l’âge de 36 ans.

Le Mystère Carmen, qui met en vedette Marie-Josée Lord, Jean-Michel Richer, le pianiste Dominic Boulianne et Éric-Emmanuel Schmitt, sera de passage dimanche à 15 h et lundi à 20 h, à la Salle Albert-Rousseau.

« C’est un spectacle qui parle de Bizet et aussi de nous. Lorsque l’on raconte un destin, on réfléchit à la vie, à nos vies, à nos choix, nos échecs et nos réussites. Bizet écoutait les autres au lieu de s’écouter. Il a mis, par conformisme, sa singularité de côté et c’est lorsqu’il a décidé d’oser être lui-même et d’écrire Carmen qu’il va faire ce chef-d’œuvre », a indiqué Éric-Emmanuel Schmitt, lors d’un entretien.

La presse était choquée par l’immoralité de Carmen lors de la première en 1875.

« L’héroïne était une gitane, rouleuse de cigares, contrebandière, qui choisit les hommes et qui les jette. Elle n’est pas présentée comme une salope, mais comme une héroïne. L’opéra a provoqué un scandale moral par rapport aux préjugés de l’époque », a raconté le comédien et auteur.

Par cœur

Le Mystère Carmen est une enquête sur la mort de Bizet entrecoupée d’airs interprétés par la soprano Marie-Josée Lord, le ténor Jean-Michel Richer et le pianiste Dominic Boulianne, dans une mise en scène de Lorraine Pintal.

« Est-ce qu’il est mort d’une maladie ? Est-ce qu’il s’est suicidé en se jetant dans les eaux de la Seine ? Est-ce que c’est autre chose ? Un assassinat ? En menant cette enquête, je vous présente cet homme singulier qui est l’auteur de musiques sublimes et je réfléchis, en même temps, à nous », a-t-il dit.

Éric-Emmanuel Schmitt avait dix ou onze ans lorsqu’il a découvert le disque de l’opéra Carmen dans la maison familiale.

« À 12 ans, je le connaissais par cœur. Je peux chanter tous les rôles », a-t-il précisé en riant.

L’auteur, dramaturge et comédien aurait aimé entendre la suite des choses et ce qu’il aurait pu composer après Carmen.

« On aurait peut-être, s’il avait vécu longtemps, un Verdi ou un Wagner français. On aurait un génie avec un continent de musique », a-t-il laissé tomber.