/news/health
Navigation

Hausse faramineuse de la rémunération des radiologistes: Québec promet de réduire la rémunération des spécialistes

Hausse faramineuse de la rémunération des radiologistes: Québec promet de réduire la rémunération des spécialistes
Photo Simon Clark

Coup d'oeil sur cet article

Devant l’augmentation spectaculaire de la rémunération des radiologistes, le gouvernement Legault réitère son engagement d’aller chercher 1 milliard$ dans les poches des médecins spécialistes.  

• À lire aussi: La rémunération des radiologistes bondit de 120 000$

«On va avoir l’étude, prochainement, comparative avec le reste du Canada. Pis, comme promis, on va revoir à la baisse les salaires», a lancé le premier ministre François Legault dans les corridors de l’Assemblée nationale jeudi. Son gouvernement a commandé une étude comparative à l’Institut canadien d'information sur la santé pour déterminer si les médecins spécialistes du Québec sont mieux payés que leurs collègues du reste du Canada. Les résultats sont attendus l’automne prochain.  

Notre Bureau parlementaire révélait jeudi que les radiologistes ont vu leur rémunération augmenter de 120 000$ entre 2016-2017 et 2017-2018, notamment grâce à une hausse tarifaire rétroactive pour tous les spécialistes de 5,2%. La hausse d’un peu moins de 17% porte le revenu moyen brut des radiologistes à 835 317 $. Il faut toutefois noter que ceux-ci doivent assumer d’importants frais de fonctionnement pour leurs cabinets, qui s’élevaient à 139 455 $ en moyenne en 2017.  

«1 milliard$»  

«Nous, on pense qu’il y a eu probablement 1 milliard$ de trop de donné aux médecins spécialistes. Alors, voilà un exemple», a pour sa part commenté la ministre de la Santé, Danielle McCann.  

Au cours des derniers mois, les ministres du gouvernement Legault ont généralement évité de répéter le montant d’un milliard$ qui avait été avancé par la CAQ en campagne électorale. D’ailleurs, après avoir annoncé un gel immédiat des sommes à verser aux médecins spécialistes l’automne dernier, le gouvernement Legault a dû reculer une fois qu’il a pris connaissance des détails de l’entente avec la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ).  

Tout comme la FMSQ le proposait, la ministre McCann souligne que la renégociation pourrait notamment porter sur les tarifs accordés aux radiologistes. Avec l’évolution de la technologie, chaque acte prend moins de temps que par le passé, notent la ministre et la FMSQ.    

Mais pour le porte-parole péquiste en matière de santé, le gouvernement caquiste pourrait agir immédiatement. Québec, juge-t-il, a forcément des données sur la rémunération des médecins spécialistes. «Quand venait le temps d’ajuster les salaires [NDLR : à la hausse], on en avait des études comparatives avec les médecins de l’Ontario, dit Sylvain Gaudreault. Et là, tout d’un coup, on n’en a plus.»  

Il ajoute, railleur : «C’est drôle, pour le troisième lien, ils n’en ont pas besoin, d’études».    

Pour sa part, le critique solidaire Sol Zanetti a dressé un parallèle avec le décès tragique d’une jeune fille à Granby. «Combien de personnes on pourrait engager à la DPJ avec cet argent public là ?», demande-t-il.  

La gratuité est là pour rester  

Même si la moitié de la hausse de revenu des radiologistes provient de l’instauration de la gratuité des échographies en cabinet privé, à la fin de l’année 2016, le gouvernement n’entend pas en resserrer l’accès. «Pas pour le moment. Pour le moment, on est content qu’il y ait un accès pour les citoyens», affirme la ministre Danielle McCann, tout en rappelant que des évaluations sont faites régulièrement pour évaluer la pertinence de divers examens.  

Sylvain Gaudreault, lui, se dit préoccupé par les propos du président de l’Association des radiologistes du Québec, qui observe une hausse des demandes pour des examens jugés peu pertinents. «Je suis le plus grand défenseur d’un système de santé public, universel, mais il faut que ça se fasse de façon correcte, sans abus», dit le critique péquiste.  

L’ex-ministre de la Santé, Gaétan Barrette, qui a décrété la couverture publique des échographies en cabinet privé, a refusé de commenter jeudi.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.