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Les États-Unis et la crise au Venezuela

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L’escalade de la tension et la tentative ratée de Juan Guaido de déloger Nicolas Maduro du pouvoir mettent à rude épreuve le leadership des États-Unis dans la recherche d’une solution à la crise vénézuélienne.

Mardi, le leader de l’opposition Juan Guaido, que les États-Unis, le Canada et plusieurs autres pays reconnaissent comme le porte-parole légitime du Venezuela, croyait avoir l’appui de suffisamment de membres des forces armées pour entraîner la chute du président Nicolas Maduro.

Ce sera pour une autre fois. Le successeur d’Hugo Chavez s’est servi du prétexte de ce qui ressemblait à s’y méprendre à un coup d’État en gestation pour consolider son emprise sur les forces de l’ordre.

C’est donc un pas en avant, deux pas en arrière, pour les Vénézuéliens qui cherchent une solution démocratique à la crise qui paralyse un pays déjà passablement amoché par des années de « chavisme ».

Régime parasite

La majorité penche vers les forces de l’opposition, après des années d’un régime incompétent et corrompu qui a considérablement affaibli l’économie d’un pays qui regorge de ressources pétrolières.

Malgré la grogne populaire, Maduro s’accroche au pouvoir en critiquant l’impérialisme « yankee » pour tous les maux du monde. Il faut dire que la politique de l’administration Trump lui donne passablement de munitions pour soutenir ce genre de rhétorique et chercher à contrer la force par la force.

Coup raté

Les manifestations des derniers jours portent à croire que l’appui populaire à l’opposition progresse. Juan Guaido a aussi obtenu l’appui d’un certain nombre de militaires, mais l’effet d’entraînement escompté sur l’ensemble des forces de l’ordre ne s’est pas produit.

Non seulement n’y a-t-il pas eu de défection de masse vers Guaido, mais Maduro a su profiter de l’apparente menace pour renforcer son emprise sur l’armée et, par le fait même, consolider son propre pouvoir.

Crise internationale

En plus de ses forces armées, Maduro peut compter sur l’appui d’un bon nombre de pays, dont Cuba, la Russie, la Chine, l’Iran et la Turquie... pas exactement des modèles de démocratie.

De l’autre côté, on trouve une coalition hétérogène de pays qui sont opposés au régime de Maduro, dont le leadership revient aux États-Unis. Le défi est grand et il devrait normalement reposer sur un mélange de diplomatie et de pressions économiques judicieusement appliquées, tout en maintenant en veilleuse le recours à la force.

Malheureusement, la diplomatie américaine dans la région laisse beaucoup à désirer. Le lourd impact des sanctions économiques sur la population et les craintes suscitées par la présence militaire américaine aux frontières ne font que renforcer le discours d’assiégé de Maduro qui, comme Chavez avant lui, sait exploiter les sentiments anti-impérialistes.

Ça ne nuirait pas non plus aux États-Unis d’avoir un minimum d’autorité morale pour défendre les valeurs démocratiques, mais ce n’est pas avec Donald Trump et son alter ego brésilien Jair Bolsonaro à sa tête que la communauté internationale arrivera à inspirer un souffle nouveau à la démocratie au Venezuela.