/investigations
Navigation

Salon du livre de Québec: le PDG suspendu a pris des documents avant de partir

Philippe Sauvageau
Photo JEAN-FRANCOIS DESGAGNES Philippe Sauvageau

Coup d'oeil sur cet article

En pleine tourmente en raison de voyages au Bénin, le PDG du Salon international du livre de Québec s’est introduit dans les locaux de l’organisation pour récupérer des documents essentiels à l’enquête, et ce, sans avoir avisé le conseil d’administration.  

Le jour de la publication du reportage de notre Bureau d’enquête levant le voile sur ses nombreux et coûteux voyages au Bénin, le PDG du SILQ Philippe Savageau s’est introduit dans les locaux de l’organisation pour y prendre des documents, a confirmé le SILQ dans un communiqué.  

À la suite de cet événement, le SILQ a décidé de changer les serrures du bureau.  

Puis, le président du conseil d’administration a réclamé les documents. Le PDG a été suspendu temporairement avec salaire durant une enquête administrative qui a été déclenchée après les révélations du Bureau d’enquête.  

«Il a retourné, en principe, l’ensemble des dossiers financiers et administratifs qu’il avait récupérés et qui sont essentiels à l’enquête», a souligné l’organisation.  

Par ailleurs, la défense publique de Philippe Sauvageau devant les médias mercredi force le SILQ à «rectifier les faits» et sortir de son devoir de réserve.  

Préoccupant  

Ce dernier a mis en demeure l’organisation, estimant que le temps qui s’est écoulé sans qu’il puisse donner sa version des faits «est déraisonnable». Il est également choqué des sanctions « disciplinaires » qui lui ont été données.  

«Les déclarations de M. Sauvageau enveniment la situation et porte atteinte à l’intégrité du processus d’enquête, soutient le SILQ. Plusieurs affirmations sont incomplètes, hors contexte et préoccupantes. Il a notamment négligé de faire état du fait qu’il serait appelé à fournir sa version des faits dans le cadre de l’enquête en temps opportun.»  

Le SILQ rappelle à M. Sauvageau qu’il ne s’agit pas d’une mesure disciplinaire, mais administrative. «Contrairement à ce qu’il a véhiculé, le sort n’est pas jeté (...) Il n’a pas été sanctionné, mais plutôt relevé de ses fonctions avec salaire durant l’enquête, en raison des allégations en cause».  

Selon nos informations, il a visité le Bénin neuf fois dans les douze dernières années aux frais du SILQ. Il a également admis qu’il payait la traite à ses invités là-bas, citant en exemple les pratiques de SNC-Lavalin­­­ en Libye.  

Le SILQ «se désole» aussi de l’attitude de M. Sauvageau. L’organisation espère qu’il collaborera à l’enquête.