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Bissonnette, le terroriste?

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Le père d’Alexandre Bissonnette a demandé à Justin Trudeau de ne plus traiter son fils de terroriste. Le PM ne donne aucun signe d’acquiescer à ce cri du cœur d’un père démoli dont le fils a été trouvé coupable de meurtres et tentatives de meurtre.

Mais pas de terrorisme.

Les parents d’Alexandre Bissonnette sont aussi des victimes, mais toute comparaison entre la peine que ressent la famille et la douleur d’avoir perdu un père, un frère, un époux, un ami sous les balles d’Alexandre serait inappropriée.

Mais ils souffrent et méritent compassion et empathie.

Aucun parent ne veut d’un tueur de masse pour fils, mais le lien parent-enfant s’effiloche rarement au point de se rompre. Les parents d’Alexandre, qui le connaissent mieux que nous tous, n’arrêteront jamais de l’aimer inconditionnellement. Rien de plus normal.

Condamnation

Depuis la tuerie de Québec, j’ai pris l’habitude de décrire Bissonnette comme étant un « terroriste ». Son geste était prémédité, il fréquentait des sites d’extrême droite, il voulait terroriser les musulmans de Québec et a abattu six innocents pour y arriver.

Je ne vois pas de meilleure définition que « terroriste ». Comme je me permets de dire qu’il s’agissait d’un attentat « islamophobe ».

Mais la Direction des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a choisi de ne pas inculper Bissonnette pour terrorisme, parce que la peine pour meurtre prémédité est la plus sévère de toutes et que le terrorisme est difficile à prouver.

En faisant ce choix, la DPCP a facilité la condamnation d’Alexandre Bissonnette. Y’a pas de complot.

Conclusion ? Au sens strict de la loi, il n’est pas un terroriste. Théoriquement, nous ne devrions pas utiliser ce mot pour parler de Bissonnette, par respect pour le jugement. Mais l’exception exige parfois d’appeler un chat, un chat.

Le nier, c’est comme nier que l’attentat du Métropolis était un attentat politique contre Pauline Marois.