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Inondations : donner de son temps

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Plusieurs de nos concitoyens ont présentement les pieds dans l’eau et vivent des moments difficiles. Les inondations qui touchent les régions de Gatineau, de Saint-Marthe-sur-le-Lac, de Montréal et de la Beauce sont d’abord et avant tout de véritables drames humains.   

La crise est préoccupante : le nombre de personnes évacuées dépasse maintenant les 9 500, ce qui représente 6 500 maisons inondées.    

Constater les dégâts, reconstruire, réparer ou déménager, négocier avec les assurances, espérer que le gouvernement respecte ses promesses... C’est tout un casse-tête financier et humain qui attend les sinistrés dans les prochains mois, si ce n’est pas pour plusieurs années.  

Par contre, par-delà le drame, quand on s’y arrête quelque instant, on peut y voir un autre phénomène, plus positif : une formidable solidarité entre les Québécois. À une époque où notre individualité prime sur tout, qu’il est beau de voir cette fraternité qui unit présentement les Québécois.  

On a vu des milliers de citoyens qui ont décidé de se retrousser les manches un samedi ou dimanche matin pour se tremper les pieds et remplir des sacs de sables. Tout ça pour d’autres, qui en avaient besoins.   

D’autres encore ont décidé d’accueillir leur beau-frère ou leur belle-sœur dans leur sous-sol ou iront donner des vêtements et nourriture aux gens dans le besoin. Plusieurs internautes ont quant à eux décidé de donner à différentes campagnes de sociofinancement pour aider des familles dans le besoin, rebâtir une entreprise ou donner à la Croix-Rouge canadienne.    

On peut même étendre cette réelle volonté d’aider les gens au gouvernement du Québec. Le tandem Legault-Guilbault gère avec leadership et efficacité cette crise. Ils répondent à merveille à ce qu’un gouvernement devrait incarner en temps de catastrophes, soit d’informer et de rassurer.  

La vice première-ministre et ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, est particulièrement efficace. Celle qui a déjà fait face à cette musique puisqu’elle occupait, avant son entrée en politique, la fonction de porte-parole du Bureau du Coroner lors de l’accident ferroviaire à Lac-Mégantic, de l’incendie à l’Isle-Verte et de la fusillade à la grande mosquée de Québec, dégage une sympathie et une autorité naturelle.   

Plus généralement, on sent de la part du gouvernement une volonté d’aider le plus rapidement les sinistrés, et de ne pas répéter les erreurs des inondations de 2017. La CAQ, qui n’a jamais raté l’occasion de se dire proche des citoyens, renforce son image de gouvernement de proximité.   

En reconnaissant rapidement le rôle des changements climatiques et en créant rapidement un programme d’indemnisation pour les sinistrés et un groupe d’actions pour prévenir les futures inondations, le gouvernement caquiste déjoue ceux qui disent que l’État est toujours trop lourd et inefficace pour aider rapidement le citoyen. Ils font la démonstration que la volonté politique et le leadership peuvent parfois être plus fort que la bureaucratie gouvernementale.   

Bref, on sent un gouvernement en contrôle, qui éprouve une réelle sympathie avec les sinistrés.   

La population exprime sa solidarité dans ce sillon et les entreprises privées emboîtent le pas et suivent : l’émission La Voix et l’Impact de Montréal ont décidé de donner, directement de leur revenu, des montants considérables à la Croix-Rouge, tandis le mouvement Desjardins et la Banque nationale ont mis en place des mesures comme le report de versement sur les prêts hypothécaires pour aider les citoyens sinistrés. C’est tout à leur honneur.   

Voilà donc que les inondations qui compliquent la vie de bien de nos concitoyens dévoilent une autre part de nous : nous, citoyens, entreprises et gouvernements, sommes encore capables d’entraide, de solidarité, de ce qui est le plus noble de la nature humaine.   

Les événements malheureux des dernières semaines prouvent qu’il suffit d’un presque rien pour qu’on retrouve cet esprit de communauté et de solidarité qui a toujours fait la force du vivre-ensemble québécois. En ces temps où on se déchire sur la place du religieux dans nos vies, la solidarité qui survient après les inondations devrait être un rappel que l’ouverture et l’écoute demeurent encore la meilleure façon d’avancer en société.