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Crise de la quarantaine, vraiment?

Portrait of a lonely mature man with depression sitting on a bed in a gray room with bottles of alcohol standing around
Photo Adobe Stock

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Certains moments dans une vie sont plus marquants que d’autres. Il arrive que la suite des événements laisse davantage de traces négatives, mais régulièrement, des souvenirs agréables finissent par faire surface pour donner un sens à tout ce qui a pu se produire. Les conséquences se vivent parfois dans bien des sphères de la vie et il n’est pas rare que l’aspect plus intime – donc souvent plus vulnérable – porte davantage de poids.

Ces périodes de crise sont-elles prévisibles ? Sont-elles un passage obligé ? Existent-elles vraiment ?

Crises, remises en question ou simplement une étape ?

« L’idée qu’une sombre nuit s’abat sur l’âme des adultes qui atteignent 40 ans – ou que ceux-ci cherchent désespérément à lui échapper, leurs implants capillaires flottant au vent de leur cabriolet – est profondément ancrée dans les esprits. Les études montrent que la grande majorité des gens croient en la réalité de ce que l’on appelle la “crise de la quarantaine”, et que près de la moitié des adultes de plus de 50 ans affirment en avoir vécu une. Mais la crise de la quarantaine existe-t-elle vraiment ?

Des preuves solides accréditent l’idée que le degré de satisfaction à l’égard de la vie décline vers la quarantaine.

Selon l’enquête australienne HILDA, c’est à 45 ans que la satisfaction est la plus faible, et l’Australian Bureau of Statistics désigne la tranche d’âge des 45-54 ans comme la plus morose. L’âge mûr peut perturber certains et certaines, mais il n’existe pas suffisamment de preuves pour étayer la théorie selon laquelle qu’il s’agirait d’une période de crise et de découragement généralisée », selon Nick Haslam professeur de psychologie de l’Université de Melbourne1.

Plusieurs auteurs et professionnels de la santé s’entendent pour dire que la « crise » est en réalité davantage une période de croissance, une étape naturelle de vie. Et qu’elle ne se manifeste donc pas à cet égard, de manière précise et prévisible. En effet, il est important de savoir que celle-ci ne se produit pas durant le week-end !

La crise peut s’étaler sur plusieurs années et s’orienter au fur et à mesure dans plusieurs directions. Bilan de vie de couple, bilan professionnel, bilan sexuel. Bref, des constats et des remises en question, tous plus légitimes les uns que les autres.

Le psychanalyste Elliot Jaques, qui a inventé le terme « crise de la quarantaine » en 1965, pensait qu’il reflétait l’aurore de la prise de conscience de sa propre mortalité. « La mort [...] écrivait-il, n’est plus une idée en général, ou la perte de quelqu’un d’autre ; elle devient une affaire personnelle [...]. » 2

Prise de conscience

C’est notamment le cas de Sylvain, un lecteur de 54 ans : « Ma blonde a eu bien peur de mes 40 ans. Elle était certaine qu’à l’âge de 45 ans on ne seraient plus ensemble, que je serais avec une petite jeune de 25 ans et que je me promènerais en Corvette décapotable ! Bien non ! Je suis non seulement resté avec elle, mais je l’ai demandé en mariage. Pour moi, avoir 40 ans, ça signifiait une période où je devais, pour moi et pour mes trois fils, faire le point pour être certain de bien m’aligner pour les 30 prochaines années. Je n’avais jamais consulté de psy avant, mais là, j’en ai ressenti le besoin. Des vieilles blessures remontaient et je n’aimais vraiment pas ça. J’ai eu peur, c’est vrai. Moi qui avais du sexe aux deux jours, je pouvais passer des semaines sans me masturber ni baiser avec ma blonde. Je ne me trouvais plus sexy, j’avais l’impression que tout ce que je voulais c’était de me rouler en boule dans un coin et attendre que ça passe. Jusqu’au jour où je suis allé assister à une conférence sur “apprendre à s’aimer”. Ça m’a frappé comme une tonne de briques. C’était un bilan de vie dont j’avais besoin et d’un plan d’action. Pas de me rouler en boule dans un coin. C’est ça que j’ai fait. Oui, ça m’a pris 6 ans passer cette étape-là. Mais laissez-moi vous dire que ça a valu toutes les secondes de travail ! »

Alors, avant de déposer vos tourments dans la cour de la crise de la quarantaine, assurez-vous de vous poser les bonnes questions. Tirer des conclusions hâtives est rarement bénéfique sur le long terme. En cas de doute, n’hésitez pas à aller chercher de l’aide pour y voir clair !


 1 Nick Haslam. La crise de quarantaine existe-t-elle ?, article publié sur le site The Conversation, le 20 janvier 2019.

 2 Nick Haslam. On nous aurait menti sur la crise de la quarantaine, article publié sur le site Slate, le 22 janvier 2019.