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Il laisse la France pour le Québec qui fait «plus confiance» aux jeunes

La soif de talent de l’industrie aéronautique fait des heureux de l’autre côté de l’Atlantique

Louis Baude
Photo Francis Halin Arrivé ici depuis quelques mois à peine, l’étudiant français Louis Baude a déjà été approché par une entreprise d’hélicoptère qui lui offre un stage sur un plateau d’argent. On le voit ici dans une salle de classe de l’École nationale d’aérotechnique (ÉNA) de Saint-Hubert hier.

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Face à un avenir bouché en France, un étudiant de lycée de campagne de Normandie a tout laissé derrière lui pour se tourner vers le Québec qu’il estime plus ouvert à la jeunesse dans le secteur de l’aéronautique.

« En France, les entreprises font assez peu confiance aux jeunes. Ici, je suis certain de décrocher un emploi parce qu’il y a de la demande et parce qu’on a une totale confiance envers la jeunesse », dit Louis Baude, 20 ans, en première année de techniques de maintenance d’aéronefs à l’École nationale d’aérotechnique (ÉNA) de Saint-Hubert.

Au cours des dix prochaines années, plus de 37 000 postes en aéronautique seront à pourvoir au Québec, selon Aéro Montréal. L’arrivée d’étudiants comme Louis Baude est de la musique aux oreilles pour les écoles qui se les arrachent afin de répondre aux besoins urgents de l’industrie.

Première chance

Pour Louis Baude, qui vient de quitter sa petite ville près d’Évreux en Normandie, les patrons québécois du secteur ont saisi une chose que leurs confrères européens ont de la difficulté à comprendre : il faut savoir laisser une « première chance » aux jeunes.

« En France, les chefs d’entreprise sont beaucoup plus sceptiques qu’ici envers les jeunes », martèle Louis Baude, convaincu que l’excellente réputation des écoles québécoises va lui ouvrir des portes partout dans le monde.

Avec son diplôme de niveau collégial en techniques de maintenance d’aéronefs en poche, l’étudiant français espère pouvoir gagner de 60 000 $ à 70 000 $ par année à sa sortie de l’école.

« C’est quand même très bon », laisse-t-il tomber, sourire aux lèvres.

De l’autre côté de l’Atlantique, il lui aurait fallu attendre plusieurs années avant même qu’il ose penser à obtenir un tel salaire tellement le secteur français est froid.

« Dans les entretiens d’embauche, ici, on est beaucoup plus ouvert à la discussion alors qu’en France, c’est beaucoup plus fermé », constate l’étudiant en début de parcours.

« Des vies en jeu »

Au moment où la sécurité des appareils refait souvent surface dans l’actualité, le jeune homme de 20 ans rappelle l’importance d’un métier comme le sien qui joue un rôle crucial pour assurer la sécurité des passagers.

« On vérifie que tout se passe bien dans la maintenance et tout ça. On met des vies en jeu en quelque sorte », explique M. Baude.

Quand on lui demande s’il prévoit rester au Québec après sa technique, sa réponse est une fois de plus dirigée vers sa mère patrie, la France, qui occupe ses pensées.

« Je vais travailler ici au moins trois ans après mes études parce que mon visa le permet. Ensuite, je vais voir ce qui se fait en France. Je verrai si j’ai ma place là-bas, s’ils m’acceptent. Sinon, je resterai ici », conclut-il avant de bondir dans sa salle de cours.

♦ Plus de 37 000 postes sont à pourvoir en aéronautique d’ici dix ans dans la province.