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Impossible pour Coveo d’atteindre ses cibles de recrutement

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L’entreprise d’intelligence artificielle Coveo se développe à la vitesse «Grand V», mais métier d’avenir vient aujourd’hui inévitablement avec difficulté de recrutement et de rétention, un défi que l’entreprise croit ne jamais parvenir à relever complètement. 

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Le directeur des ressources humaines de Coveo l’admet sans détour, son recrutement permet d’atteindre seulement 70% à 80% des besoins de l’entreprise actuellement. 

Et les conclusions du gouvernement dans son rapport sur l’État d’équilibre du marché du travail, qui prévoit que 1,4 million d’emplois seront à pourvoir d’ici 2026, ne font que lui confirmer qu’il n’est pas près d’atteindre 100%.

«Ce qu’on fait en ce moment c’est le mieux qu’on peut. Est-ce que ça va être assez? On a tendance à penser que non. [...] Je n’arriverai juste jamais à en embaucher assez vu le développement de notre entreprise», confie Claude-Antoine Tremblay, rencontré dans les bureaux de l’entreprise de Québec qui embauche plus de 400 travailleurs à travers le monde.

Photo Pascal Huot

Bâtons dans les roues

Spécialisée en développement de moteurs de recherche et en intelligence artificielle, la compagnie québécoise doit en plus rivaliser avec les géants que sont Google et Facebook, rois et maîtres du domaine.

«Quand on a ouvert à Montréal, on a investi des millions pour être attrayants, mais au même moment, les gros joueurs internationaux ont vu le même potentiel que nous. Ces gens-là créent une solide inflation sur le marché», explique M. Tremblay.

Coveo doit donc faire des pieds et des mains pour réussir à attirer les meilleurs talents de ce milieu hyper compétitif.

Mais quand ce n’est pas les autres entreprises qui lui barrent le chemin, c’est le gouvernement lui-même qui met des bâtons dans les roues. L’écrasante bureaucratie dans les procédures d’immigration est un irritant majeur, tant pour Coveo que pour d’autres entreprises d’ici.

«Je viens d’embaucher un maitrise en intelligence artificielle d’origine britannique et ça m’a pris six mois avoir un visa de travail. C’est six mois où je dois le convaincre de ne pas aller voir ailleurs en attendant, où je dois le garder intéressé», déplore le directeur des ressources humaines, invitant le gouvernement à donner un coup de pouce aux entreprises à ce niveau en accélérant les processus.

«C’est un fruit facile à cueillir pour le gouvernement.»

Faire œuvre utile

Malgré tout, les gens de Coveo se réjouissent de travailler dans un secteur qui présente des perspectives d’avenir aussi positives. Et le fait que les jeunes devront faire partie intégrante de la future main d’œuvre n’inquiète pas du tout l’entreprise. Même que le virage est déjà bien implanté.

«L’âge moyen chez nous est de 32,5 ans. J’ai 35 et je me sens comme un dinosaure!», lance en riant Claude-Antoine Tremblay.

Cette réalité force donc la direction à offrir de gros mandats à des jeunes employés, ce qui s’est avéré avoir un effet direct sur la rétention de main d’œuvre. Une situation gagnant-gagnant.

«Oui il faut développer une bonne expérience-employé, les traiter aux petits oignons, mais il faut aussi que leur travail ait un sens. Nos employés voient l’impact, ils prennent des projets d’importance sur leurs épaules et ils ont un impact majeur», insiste M. Tremblay.

«On entend souvent qu’ils n’en reviennent pas de se voir confier des mandats aussi important quand ils n’ont que trois ou quatre ans d’expérience, mais ça donne envie de rester pour voir la suite.»