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Les jeunes peu influencés par les secteurs en pénurie de main-d’œuvre

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Des jeunes du secondaire qui entreront sur le marché du travail dans les prochaines années ne se tourneront pas nécessairement vers les postes les plus en demande, craignant que la pénurie ait été créée par des mauvaises conditions ou que l’emploi soit tout simplement moins stimulant.

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C’est le son de cloche qui ressort d’une stimulante rencontre que le Journal a eu avec des finissants de l’École secondaire les Etchemins, à Lévis. Pour ces jeunes de 16 et 17 ans, s’il y a pénurie dans des domaines comme l’enseignement, la santé ou des métiers manufacturiers, c’est principalement en raison des conditions difficiles de ces emplois. 

«C’est justement la pénurie qui fait qu’on ne veut pas aller dans certains secteurs. Quand on entend à quel point c’est difficile, ça ne donne pas envie d’aller là. S’il y a une pénurie, c’est peut-être parce qu’il y a un problème», fait remarquer Franck Tetouom.

L’affirmation a fait sourire son enseignante, Paule Bélanger, qui fait remarquer le changement de paradigme qui s’opère avec les nouvelles générations. «Dans mon temps, on sautait sur les emplois en pénurie pour avoir la chance de travailler et maintenant les jeunes s’en méfient. C’était loin d’être aussi encourageant dans nos années.»

Avoir le choix

Le contexte actuel permet aussi aux jeunes de vraiment choisir ce qu’ils veulent plutôt que de se rabattre sur les domaines où il y a des besoins. Une réelle opportunité conviennent-ils.

«On en voit des gens qui se sont précipités dans les emplois qui étaient disponibles à l’époque et qui n’aiment visiblement pas leur job. Je ne veux pas devenir cette personne-là», confiait Mélodie Baron, qui souhaite devenir avocate.

Et cette opportunité de faire des choix ne fera qu’augmenter la pression sur les employeurs. S’il est difficile de recruter des bons candidats aujourd’hui sans offrir des bénéfices comme des aménagements de travail ou de la conciliation travail-famille efficace, la situation ne changera pas avec la prochaine génération.

Au-delà du salaire

En fait, personne n’a même parlé de salaire. C’est la qualité de vie qui continuera de primer. Une bonne relation avec l’employeur, l’implication, le sentiment d’appartenance et la compréhension, voilà ce que chercheront ces futurs travailleurs.

Les employeurs qui affrontent la pénurie savent donc à quoi s’attendre pour les prochaines années. Les secteurs qui peinent déjà à recruter ne devraient pas voir de candidats se bousculer aux portes à en croire les jeunes rencontrés. Pour les attirer, «l’expérience-employé» devra donc être optimisée, quitte à investir encore plus pour les rejoindre dans leurs valeurs.

«On travaille pour vivre, on ne devrait pas vivre pour travailler», ajoute Mélodie, appuyée par ses collègues.