/news/society
Navigation

Prêts à recruter jusque sur les bancs d’école

Dans Chaudière-Appalaches, les entreprises s’arrachent les jeunes

Coup d'oeil sur cet article

Identifiée comme la région qui sera le plus en déficit de recrutement dans les prochaines années, Chaudière-Appalaches doit faire preuve d’imagination pour réussir à pourvoir postes vacants, allant jusqu’à payer de bons salaires à des jeunes étudiants qui jumèle formation et travail en entreprise.

Dans les secteurs manufacturiers, la formation Duale, implantée comme projet pilote en Beauce il y a quelques années, permet de donner un petit coup de pouce aux entreprises. 

Des jeunes sont embauchés par des employeurs dès le début de leur formation et font des heures à divers moments en recevant un salaire pouvant atteindre 34 000$ pour la durée du cours. Une situation «gagnant-gagnant» selon plusieurs. «On doit travailler sur plusieurs fronts. Ce n’est pas toujours parfait, mais il faut y croire», confie le directeur des ressources humaines chez Groupe BID, Marc Lessard.

Pour d’autres jeunes, comme Maxime Lefebvre, mécanicien chez Supervac à Lévis, l’emploi arrive avant même la fin de la formation tellement les besoins sont grands.

«Il est venu me voir un vendredi pour porter son CV et il commençait le lundi. Son entrevue, il l’a fait sur le camion, les deux mains dedans. Une fois qu’on voit que le candidat a du bon sens, l’entrevue dure 10 minutes et c’est réglé», raconte le directeur général de l’usine du Groupe Honco, Éric Gaudreault.

Gros bout du bâton

Le jeune mécanicien de 20 ans s’est toutefois engagé à aller compléter sa formation en mécanique de véhicule lourd dans le futur. Il insiste toutefois que dans le contexte actuel, dans un métier d’avenir comme le sien, les chercheurs d’emploi ont le gros bout du bâton.

«Les enseignants n’arrêtaient pas de nous le dire qu’on n’aurait jamais de misère à se trouver un emploi, qu’ils cherchent partout. C’est sur que c’est stimulant de savoir que tu vas toujours te placer», confie Maxime Lefebvre, à l’emploi du groupe Honco depuis 1 mois maintenant.

Ce véritable buffet d’opportunité pour les jeunes travailleurs représente toutefois un défi de taille pour les entreprises. Chez Groupe Honco, l’âge moyen des travailleurs dépasse aujourd’hui 50 ans.

«On a embauché des jeunes qui ont commencé le lundi matin et qui ne sont pas revenus le mardi parce que ça ne leur convenait pas totalement. Ils magasinent», raconte incrédule Éric Gaudreault. «Même juste pour recevoir des CV c’est difficile, notamment dans l’usine de Val-Alain. Il n’y en a pas de monde dans la région», ajoute la directrice du marketing du groupe, Geneviève Filteau

Maxime Lefebvre. Mécanicien
Photo Jean-François Desgagnes
Maxime Lefebvre. Mécanicien

 

Plus de 5000 emplois disponibles

Pour venir à attirer de professionnels ciblés dans les 56 professions en déficit identifiées par le ministère, la région de Chaudière-Appalaches doit se vers l’extérieur. Les MRC de Beauce-Sartignan, Nouvelle-Beauce et Robert-Cliche ont notamment mis sur pied il y a cinq ans l’initiative «La Beauce embauche». 

«C’était un projet très innovateur il y a 5 ans, mais depuis, les autres régions du Québec ont repris le modèle et sont très actives, donc c’est de plus en plus dur d’attirer des candidats», explique la responsable des communications du regroupement, Mélanie Poulin. 

Pour preuve, plus de 5000 emplois seraient aujourd’hui disponibles dans ces trois MRC seulement soit le double d’il y a à peine un an et demi.