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Un goût de Pérou dans le meilleur camembert au monde «Fait au Québec»

Luis Melendez et Marcia Bocanegra
Photo Francis Halin Le Québécois d’origine péruvienne Luis Melendez et sa femme Marcia Bocanegra sont repartis de zéro à leur arrivée ici. En quelques années seulement, ils ont gravi les échelons un à un. On les voit ici avec leurs enfants Mariela, 3 ans, et Eleonore, 5 ans, aux Promenades Saint-Bruno, jeudi dernier.

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Un Péruvien venu s’installer au Québec il y a 11 ans avec sa femme est fier d’avoir fait partie de l’équipe qui a produit à Saint-Hyacinthe le fromage d’Agropur qui a été sacré « meilleur camembert au monde » l’an dernier.

« La fierté est là. Ça t’éveille. Ça te montre que tu participes vraiment à la société québécoise », confie le technicien en agroalimentaire d’Agropur Luis Melendez, 41 ans, qui a laissé sa ville de Trujillo du nord-ouest du Pérou pour le Québec en 2008.

L’an dernier, le camembert l’Extra d’Agropur a raflé le 1er prix World Championship Cheese Contest, à Madison au Wisconsin, une fierté pour Luis Melendez, diplômé en génie agro-industriel du pays d'Amérique du Sud tapissé par la forêt amazonienne.

« J’ai préparé les ferments pour produire ce fromage-là, mais ce n’est qu’un grain de sable. C’est avant tout un travail d’équipe », ajoute sourire aux lèvres le père de deux filles nées au Québec, Mariela, 3 ans, et Eleonore, 5 ans.

Au départ, c’est par hasard que Luis Melendez débarque à Montréal plutôt qu’à Québec. « On est arrivés à Montréal par erreur. On pensait que l’Université Laval était... à Laval. Je voulais faire une maîtrise. Mais on a changé nos plans une fois ici », raconte M. Melendez en riant.

Tout sauf facile

À leur première année à Montréal, la vie est tout sauf facile. Malgré leurs diplômes en génie agro-industriel et le fait qu’ils soient des travailleurs qualifiés reconnus, rien n’y fait. Luis et sa femme Marcia Bocanegra doivent pédaler pour joindre les deux bouts.

« On faisait des petits boulots. On avait à peine pour survivre », se souvient Luis Melendez, forcé d’accepter un poste de manutentionnaire le temps de trouver mieux.

Pour payer le loyer, sa conjointe Marcia Bocanegra est caissière de nuit dans une épicerie Metro du quartier Côte-des-Neiges. « Je travaillais la nuit. Le jour, je suivais mes cours de francisation », se souvient-elle.

Mais quand le couple découvre la ville de Saint-Hyacinthe lors d’une séance d’information de l’organisme Forum-2020, le coup de foudre est immédiat. Fini Montréal. Ils décident de s’installer là-bas, près des géants agroalimentaires qui sont en mode embauche.

Le résultat est immédiat. Quelques semaines à peine après être déménagés dans le coin, ils décrochent enfin des emplois dans leur domaine. Marcia Bocanegra trouve chaussure à son pied chez Shur-Gain, qui fait de la nourriture pour animaux et Luis Melendez chez Agropur où il est toujours.

Un rêve à accomplir

Aujourd’hui, ils ne changeraient rien à leur vie. Ils ont leur maison, leurs amis. Leurs filles ont l’accent québécois. Luis et Marcia sont fiers d’avoir le privilège de vivre dans une ville sécuritaire où il fait bon vivre... mais il leur reste encore un rêve à accomplir.

« On rêve d’avoir notre entreprise familiale quand les filles seront grandes », conclut Luis Melendez, entre les commerces inondés de lumière où courent leurs enfants.