/news/provincial
Navigation

Voici 10 lieux phares du quartier Saint-Sacrement à Québec

Coup d'oeil sur cet article

Saint-Sacrement est un quartier méconnu de la haute-ville. C'est pourquoi la Société historique de Québec tient actuellement son activité «Le printemps Saint-Sacrement» pour mieux le faire connaître.

Aujourd'hui, l'urbaniste-stagiaire Laurent Aubin vous propose de le redécouvrir à travers 10 lieux. Suivez le guide.

1. Église du Très-Saint-Sacrement

Église Saint-Sacrement, Québec, 1950, BAnQ, Fonds Ministère de la Culture et des Communications, Office du film du Québec
Église Saint-Sacrement, Québec, 1950, BAnQ, Fonds Ministère de la Culture et des Communications, Office du film du Québec

C'est en 1915 que les pères du Très-Saint-Sacrement s'installent sur le coteau Sainte-Geneviève, près de la côte Bell (aujourd'hui, la côte Saint-Sacrement). 

Les pères érigent une petite église en bois et ils construisent aussi un petit oratoire. 

Ce deuxième bâtiment a disparu en 1941 lors de l'élargissement de la côte Saint-Sacrement. 

Les travaux débutent en 1920 et se termine en 1924. 

L’église est un mélange d'architecture romane et gothique. 

Ses vitraux sont l’œuvre de Marius Plamondon. 

Le 22 mai 2017, une partie du mur extérieur du transept ouest s'effondre, mais ne cause aucun dégât important. 

Le 20 juillet, une autre partie du parement en pierre, qui était en réparation, se détache de la même façade. 

En raison des travaux de rénovation qui coûterait au moins 3 millions $, le conseil de fabrique de la paroisse opte en 2018 pour la vente de l’immeuble.

2. Hôpital du Saint-Sacrement

Vue aérienne, Hôpital du Saint-Sacrement, vers 1950, BAnQ, Fonds L'Action catholique
Vue aérienne, Hôpital du Saint-Sacrement, vers 1950, BAnQ, Fonds L'Action catholique

C’est le docteur Arthur Rousseau, doyen de la faculté de médecine de l’Université Laval, qui demande et obtient la fondation d’un hôpital général. Le chantier débutera en 1924. 

En premier lieu, l’édifice a été bâti afin de répondre à un problème de surpeuplement au sein des hôpitaux publics de Québec. 

Cette demande était principalement liée aux besoins post-première guerre mondiale. Mais le doyen souhaitait également construire un plus grand établissement pouvant intégrer et offrir un accès aux soins pour les patients les plus pauvres. 

L’hôpital était également pourvu d’une école pouvant former des futurs médecins. 

À son ouverture en 1927, il était le deuxième plus grand hôpital de la ville. 

Au départ, ce sont les Augustines de l’Hôtel-Dieu de Québec qui dirigent l’établissement. 

Puis en 1936, les Sœurs de la Charité de Québec deviennent les propriétaires de l’hôpital. 

Entre 1960 et 1995, l’hôpital a connu quelques changements et l’intégration de nouveaux pavillons. 

De nos jours, l’Hôpital du Saint-Sacrement offre des soins spécialisés et surspécialisés.

3. La Cité Verte (ex-Crèche Saint-Vincent-de-Paul)

Complexe de la Crèche Saint-Vincent-de-Paul avant 1953, Archives du Bon-Pasteur, album 21C-01
Complexe de la Crèche Saint-Vincent-de-Paul avant 1953, Archives du Bon-Pasteur, album 21C-01

En 1907, Louis-Adolphe Robitaille fait don de sa villa Broad Green aux Sœurs du Bon-Pasteur pour le déménagement de la Crèche Saint-Vincent-de-Paul, situé alors dans le Vieux-Québec. 

La propriété devient un véritable complexe au fil des ans. L’agrandissement le plus considérable se concrétise dans la construction de deux nouvelles ailes en 1927 : une première pour accueillir l’hôpital de la Miséricorde (la maternité) et une seconde pour héberger les enfants. 

La crèche était alors surnommée «berceauville». 

Le complexe est à nouveau agrandi en 1951 dans la foulée de l’ouverture d’une école de puériculture. 

Devant les transformations sociales importantes, la crèche ferme ses portes en 1972. 

De 1901 à 1972, la Crèche Saint-Vincent-de-Paul aura pris soin de 38 672 enfants et participé à l’adoption de 26 276 d’entre eux. 

À partir de 2008, le site se transforme en La Cité Verte, un ensemble immobilier multifonctionnel que ses promoteurs présentent comme «un milieu de vie écoresponsable».

4. Complexe Bellevue

Vue aérienne de l'agrandissement du collège Notre-Dame de Bellevue, 1960, AVQ, Fonds W.B. Edwards Inc.
Vue aérienne de l'agrandissement du collège Notre-Dame de Bellevue, 1960, AVQ, Fonds W.B. Edwards Inc.

L'actuel complexe Bellevue et son domaine sont issus du développement suburbain du XIXe siècle où de grandes propriétés campagnardes sont entourées de boisés ou de grands jardins. 

La propriété se nomme Bellevue depuis au moins 1828. 

Les sœurs de la Congrégation de Notre-Dame achètent la propriété en 1864 et y ouvrent une école, le collège Notre-Dame de Bellevue, en 1874. 

En 1912, les religieuses entament la construction d'une nouvelle aile au couvent, devenu trop exigu. 

Durant les années 1960, le couvent est de nouveau agrandi et les religieuses procèdent à la vente de la partie sud de leur propriété, favorisant ainsi le développement domiciliaire dans le secteur : la Champenoise en 1969 et 1973, et la Cité Bellevue dans les années 1980. 

Malgré un changement d'orientation en devenant un collège d'enseignement secondaire en 1970, l'institution n'échappe pas à la fermeture en 1996. 

En 2001-2002, la Congrégation de Notre-Dame fait construire, derrière l'ancien collège, un édifice de quatre étages appelé l'Accueil Marguerite-Bourgeoys et qui accueille les religieuses âgées de la communauté. 

Les bâtiments principaux de l'ancien collège ont toujours une vocation d’enseignement dans la plupart de ses ailes (le Collège Stanislas et l’UQTR), mais il accueille aujourd’hui également des salles des Loisirs Saint-Sacrement, des copropriétés (iLoft), une garderie, une église et des bureaux. 

5. Collège Saint-Charles-Garnier

Vue aérienne du collège des Jésuites-Saint-Charles-Garnier, 1953, Archives du Collège des Jésuite - Saint-Charles-Garnier
Vue aérienne du collège des Jésuites-Saint-Charles-Garnier, 1953, Archives du Collège des Jésuite - Saint-Charles-Garnier

Le collège Saint-Charles-Garnier, initialement sous la responsabilité des Jésuites, a été construit en 1933-1935 selon les plans des architectes Adrien Dufresne, Wilfrid Lacroix et Sylvio Brassard. 

Il est l’héritier du Collège des Jésuites de Québec, le premier collège en Amérique du Nord, qui a été forcé de fermer ses portes en 1776 et qui fut utilisé pendant cent ans comme caserne, dépôt d’archives et refuge. 

Il a été démoli en 1878 et son emplacement accueille aujourd’hui l’hôtel de ville de Québec. 

En tant que collège classique, le Collège Saint-Charles-Garnier a été, avant la Réforme Parent, un des lieux par excellence des études pré-universitaires dans la ville de Québec. 

C'est là que les jeunes garçons étaient instruits pour former les nouvelles générations de l'élite. 

En 1940, les Jésuites construisent une résidence attenante au collège pour que les chambres du collège soient converties en salles de cours. 

En 1954, l'aile Marquette sera construite avec une salle de théâtre, des salles de cours et des laboratoires. 

En 1967, les premières étudiantes font leur entrée au collège. 

Au mois d'août 1969, le cours classique cesse d'exister. Cette année-là, la section collégiale est abandonnée au profit de la mise en place du Cégep Garneau. 

En 1981, une corporation laïque prendra la relève institutionnelle et se portera acquéresse du collège lui-même en 1987.

6. Cégep Garneau

Vue éloignée de la façade et du profil droit de l’École de Chimie, vers 1935, BAnQ, Fonds J. E. Livernois Ltée
Vue éloignée de la façade et du profil droit de l’École de Chimie, vers 1935, BAnQ, Fonds J. E. Livernois Ltée

Le cégep François-Xavier-Garneau a été créé en août 1969. 

Issu du Collège des Jésuites, de l’École Normale Mérici et de l’École Normale Laval, le nouveau cégep s’installera provisoirement au Collège Saint-Charles-Garnier. 

Il occupera ensuite les locaux de l’École Normale Laval... situation temporaire qui devint permanente à la fin des années 1970. 

On construit alors un centre sportif, un pavillon administratif et, plus récemment, un pavillon dédié à l’enseignement des Soins infirmiers. 

Le site du cégep Garneau appartenait autrefois au Séminaire de Québec et servait de campus à l’Université Laval. 

Le cégep occupe aujourd’hui ces bâtiments qui tranchent avec le reste des immeubles de la propriété. 

En effet, l’École de Chimie, dont le bâtiment est influencé par le courant Beaux-Arts, est inauguré en 1925. 

L’École des Mines est inaugurée en 1938. En 1948, le campus de Saint-Sacrement accueille le pavillon Monseigneur-Vachon — aujourd’hui le pavillon Simone-Monet-Chartrand — qui sert aux professeurs et aux étudiants. 

Il est pour sa part d’inspiration Art déco. En 1962, le Séminaire vend les trois bâtiments du campus de Saint-Sacrement au ministère des Travaux publics, qui les revend au Cégep Garneau. 

7. Complexe Samuel-Holland

Immeuble Samuel Holland à Québec, 1975, BAnQ, Fonds Ministère des Communications
Immeuble Samuel Holland à Québec, 1975, BAnQ, Fonds Ministère des Communications

Après le décès de Frank William Ross en 1966, une grande partie du domaine Holland est vendue. 

Les travaux de construction de la Cité-parc Samuel-Holland (aujourd’hui le complexe Samuel-Holland) débutent au printemps 1970. 

L'architecte du projet de la Cité-parc, Daniel Lazosky, avait été choisi par le promoteur pour son audace et la modernité de son approche esthétique, fortement inspirée par l'architecture brutaliste. 

Il s'agit d'un style architectural issu du mouvement moderne, qui connaît une grande popularité entre les années 1950 et 1970 avant de décliner peu à peu. 

En 1975, les phases I et II de la Cité-parc ont été complétées et les deux édifices comptent 390 appartements alors que les travaux de la phase III (hôtel Méridien et centre de congrès) sont commencés. 

Ceux-ci seront transformés en logement après leur échec relatif. 

Le Samuel-Holland, prévu avec son hôtel, ses appartements, ses bureaux et ses commerces, aura été un des premiers projets multifonctionnels du genre au Québec et ce fut, sans aucun doute, une des premières expériences de densification sur le territoire de la ville de Québec. 

8. Coteau Sainte-Geneviève

Côte des Bell à Québec, 1941, BAnQ, Fonds Ministère des Communications
Côte des Bell à Québec, 1941, BAnQ, Fonds Ministère des Communications

Le coteau Sainte-Geneviève forme une ceinture verte située sur la face nord de la falaise reliant la haute-ville de la basse-ville. 

Le coteau est traversé par neuf escaliers et est doté d’une promenade pédestre reliant l’escalier des Franciscains à l’escalier Colbert. 

Ce massif boisé au cœur de la ville a été préservé grâce au fort dénivelé limitant le développement urbain. 

La présence, sous le couvert forestier, de nombreux arbustes à petits fruits fait du coteau Sainte-Geneviève un habitat de choix pour les oiseaux. 

Le coteau Sainte-Geneviève fait l’objet de nombreuses attentes et suggestions depuis la fin des années 1990. 

Une promenade linéaire est dans les cartons de la Ville depuis ce temps-là pour relier les quartiers Saint-Sacrement et Saint-Jean-Baptiste. 

Certaines portions ont été réalisées, mais le lien continu n’est toujours pas existant, en particulier dans Saint-Sacrement, où des parties du coteau appartiennent à des particuliers ou à des entreprises. 

Dans le PPU du pôle urbain Belvédère, la Ville de Québec indique souhaiter poursuivre l’aménagement de la promenade publique continue à travers le coteau.

9. Hôpital Jeffery Hale

Vue aérienne de la Crèche de Québec et du Jeffery Hale, 1961, AVQ, Fonds W.B. Edwards Inc.
Vue aérienne de la Crèche de Québec et du Jeffery Hale, 1961, AVQ, Fonds W.B. Edwards Inc.

En 1865, à la suite du legs testamentaire d'un riche marchand de Québec, monsieur Jeffery Hale, un hôpital devant desservir la population protestante, principalement anglophone, de la région de Québec est fondé sur la rue Saint-Olivier. 

Il reçoit son premier patient le 19 janvier 1867. 

Le 12 juin 1901, l'hôpital inaugure officiellement ses nouveaux locaux au 5, rue Saint-Cyrille, sur un terrain acquis des religieuses de la communauté des Augustines de la Miséricorde de l'Hôtel-Dieu de Québec. 

La même année, une école des infirmières voit le jour, la première dans la ville de Québec. Elle fermera ses portes en 1970. 

Dès les premières années du XXe siècle, des catholiques commencent à être admis, en autant qu'ils paient pour leurs services et en 1911, du personnel catholique est engagé. 

En 1956, l'hôpital déménage à nouveau pour occuper son emplacement actuel au 1250, chemin Sainte-Foy. Depuis le 1er avril 1996, l'Hôpital Jeffery Hale est devenu un centre d'hébergement pour personnes âgées comptant 116 lits.

10. Cottage Ross

Vue du côté ouest du cottage Ross, 2016, Michel Jutras, Saint-Sacrement illustré
Vue du côté ouest du cottage Ross, 2016, Michel Jutras, Saint-Sacrement illustré

Le cottage Ross, qui était la maison du chauffeur du domaine Holland (propriété des Ross de 1865 à 1966), a été construit en 1914 selon les plans des architectes Staveley et Staveley. 

Il témoigne éloquemment d'une époque dont il reste peu de traces. En effet, le cottage Ross est le seul témoin architectural de l'ancien domaine Holland qui s'étendait de la rue De Callières jusqu'au coteau Sainte-Geneviève. 

Sa construction et son orientation avaient donc été prévues en conséquence. 

Le cottage Ross deviendra la propriété du Jeffery Hale en même temps que la cession des terrains du côté nord du chemin Sainte-Foy par Frank William Ross en 1951. 

Le cottage semble avoir été inoccupé quelques années (1954-1956), mais à partir de 1957, il le sera à nouveau par des employés du Jeffery Hale, et ce, jusqu’en 1988. 

À partir de 1988, différents organismes communautaires y installeront leurs bureaux. 

Implanté sur un terrain à haute valeur spéculative, l'avenir du cottage Ross était pour le moins incertain. 

À la fin juin 2017, la Ville de Québec annonce une entente avec l'actuel propriétaire du cottage et la SSQ, promoteur de la Cité verte, qui permet de relocaliser cette petite maison patrimoniale un peu plus à l’est sur le chemin Sainte-Foy.

Un texte de Laurent Aubin, urbaniste-stagiaire

Vous pouvez consulter la page Facebook de la Société historique de Québec en cliquant ici et le site web en vous rendant ici.