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Elkahna Talbi: poésie et fiction au menu

Elkahna Talbi
Photo Jean-Francois Desgagnés Elkahna Talbi

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Les goûts littéraires de la comédienne et slameuse Elkahna Talbi étant assez variés, on vous invite à les découvrir sans tarder.

Quel a été le premier livre à avoir vraiment compté dans votre vie ?

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Le meilleur des mondes d’Aldous Huxley m’a vraiment marqué. C’est mon oncle qui m’a suggéré de lire ça en 4e secondaire. Je n’avais rien lu dans ce genre avant ça. C’est un roman écrit en 1931 sur un futur dystopique. Un livre qui confronte et qui est très philosophique. C’est vraiment une lecture qui m’a sortie de ma zone de confort et qui m’a chavirée. Avant ça, le livre le plus wild que j’avais lu, c’était Les filles de Caleb d’Arlette Cousture. Ça donne une bonne idée d’où je partais !


Aujourd’hui, vous lisez de tout, ou est-ce qu’il y a des genres que vous aimez plus particulièrement ?

J’ai vraiment un faible pour les romans historiques. J’aime ça lire de la fiction tout en apprenant quelque chose. J’ai l’impression de faire d’une pierre deux coups ! En plus, après mes lectures, j’ai envie de creuser sur l’époque et l’endroit dont s’inspirent les romans.


Sous le nom de Queen Ka, vous vous adonnez aussi au slam. Vous pouvez nous parler des recueils de poésie qui vous ont bouleversée ?

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C’est sûr que Paroles de Jacques Prévert a été important pour moi. J’ai lu ça quand j’avais 12 ans. C’est mon premier pas vers le genre poétique et je me souviens d’avoir trouvé ça touchant et musical même sur le papier. La force d’un court poème. Et j’aime l’idée qu’on ne comprenne pas tout de suite.

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Il y a aussi Ils ne demandaient qu’à brûler de Gérald Godin. Ce recueil contient tous ses poèmes et c’est un livre dans lequel j’aime retourner. La poésie de Godin est ancrée dans la langue de tous les jours tout en étant pleine de perles qui nous élèvent. Ses poèmes réussissent à faire soulever la flamme de l’engagement politique à partir de l’intime. Et puis il y a Clémence Desrochers, qui est celle qui m’a fait découvrir les joies et mon désir d’écrire des poèmes afin par la suite de les interpréter sur scène.


Et du côté des romans, quels ont été vos principaux coups de cœur au cours de ces dernières années ?

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Je suis passée à travers la série L’amie prodigieuse d’Elena Ferrante, même si le premier roman a été mon préféré. Rendue au quatrième, j’étais plus en mode « faut que je termine pour connaître la fin » que vraiment éprise de l’histoire. Même chose pour la trilogie 1Q84 de Haruki Murakami. J’ai adoré le tome 1. Un univers futuriste et fantastique. Un gros coup de cœur aussi pour Le plongeur de Stéphane Larue. Ayant moi-même beaucoup travaillé dans les restaurants et les bars, je me suis vraiment plongée, c’est le cas de le dire, dans son roman !

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Récemment, un livre a-t-il réussi à vous surprendre totalement ?

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Créatures du hasard de Lula Carballo. Je me suis fait prendre au cœur par cette lecture. L’amour et la fascination qu’a la petite fille de neuf ans pour les femmes autour d’elle sont contagieux. Il y avait dans son histoire qui se déroule en Amérique du Sud des références que j’ai comprises et qui sont aussi présentes en Tunisie. Je me suis reconnue un peu dans les yeux de Lula et ça m’a bouleversée.


Selon vous, y a-t-il un auteur qui mériterait d’être découvert sans tarder ?

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J’avoue avoir un petit coup de cœur pour Aki Shimazaki. Elle est montréalaise d’origine japonaise et elle écrit ses romans en français, une langue qu’elle a apprise à 40 ans ! Il y a donc dans son écriture une sorte de simplicité désarmante et extrêmement poétique. C’est unique comme univers. Sa série Le poids des secrets est exquise. Une saga familiale, mais on peut lire les livres dans l’ordre qu’on veut. C’est fin comme écriture, et vraiment je trouve qu’on parle trop peu d’elle comme écrivaine d’ici.


Parlant d’auteurs, est-ce qu’il y en a un dont vous attendez avec impatience la sortie de chaque nouveau livre ?

Oui, mais c’est surtout pour des recueils de poésie. C’est le genre littéraire que je consomme le plus. Je surveille toujours la sortie des livres de Virginie Beauregard D. C’est une poète que j’ai entendue sur scène la première fois il y a presque treize ans. J’adore la lire et voir comment son écriture évolue. J’ai aussi l’impression d’avoir encore plus de clés pour comprendre sa poésie, puisque j’ai lu tout ce qu’elle a écrit.


Présentement, quels bouquins peut-on voir sur votre table de chevet ?

En ce moment, il y a deux livres. Je termine Un lieu à soi de Virginia Wolf dans une traduction de Marie Darrieussecq. J’ai aussi le recueil Métissée d’Ouanessa Yousni, que j’ai acheté au Salon du livre de Québec.


■ Jusqu’au 18 mai, on peut voir Elkahna Talbi au Théâtre du Trident à Québec dans la pièce Je me soulève.

■ On peut aussi la voir dans Appelle-moi si tu meurs, une série écrite par Claude Legault et Pierre-Yves Bernard diffusée sur Club illico.

■ Le 15 juin prochain, elle sera à la Maison Symphonique pour participer au spectacle La renarde, sur les traces de Pauline Julien.