/entertainment/stage
Navigation

Un bel hommage au compositeur Bizet

Le mystère Carmen allie théâtre et opéra à la salle Albert-Rousseau

Le mystère Carmen
Photo courtoisie, Yves Renaud Le mystère Carmen est une incursion en théâtre et en musique dans la vie du compositeur français Georges Bizet, décédé trois mois après la création de l’opéra Carmen. 

Coup d'oeil sur cet article

Croisement entre le théâtre et l’opéra, Le mystère Carmen est un bel hommage au compositeur Georges Bizet et à une œuvre qui l’a consacré. Une incursion en mots et en musique.

Mort à l’âge de 36 ans, trois mois après la première de Carmen à l’Opéra-Comique de Paris, le compositeur français avait vu son œuvre subir les foudres de la critique. Carmen est aujourd’hui l’un des trois opéras les plus joués dans le monde.

De nouveau à l’affiche lundi soir, à la Salle Albert-Rousseau, la pièce d’Éric-Emmanuel Schmitt, mise en scène par Lorraine Pintal, mélange performance solo et opéra.

Le comédien, dramaturge et écrivain français raconte la vie de Georges Bizet et se glisse dans la peau de quelques personnages. L’homme, qui semble avoir tous les talents, jouera même quelques airs au piano. Le volet opéra est exécuté par la soprano Marie-Josée Lord, le ténor Jean-Michel Richer et le pianiste Dominic Boulianne.

Éric-Emmanuel Schmitt raconte le parcours d’un homme qui a fait face à plusieurs échecs. Celui associé à l’opéra Carmen, une œuvre où il s’était investi totalement, a été humiliant. Il meurt convaincu qu’il a raté sa vie.

On entend des extraits de l’opérette Le docteur miracle, qui a été son premier échec, et les pièces Variations chromatiques, Les adieux de l’hôtesse arabe, La jolie fille de Perth et Djamileh.

Montée spectaculaire

Marie-Josée Lord offre un beau moment en solo lors des Adieux de l’hôtesse arabe. Jean-Michel Richer est complètement investi et tout en émotion durant la sérénade de La jolie fille de Perth.

On entre ensuite dans la portion principale du spectacle. Éric-Emmanuel Schmitt nous amène au cœur de la création de Carmen. Une œuvre où le compositeur a décidé de suivre son instinct et de ne plus écouter les autres.

On assiste à l’écriture de L’amour est un oiseau rebelle, où la soprano qui a grandi à Lévis a livré, en finale, une montée spectaculaire, qui a fait réagir le public. On voit aussi une Marie-Josée Lord qui est montée sur les planches, malgré une déchirure d’un ligament d’un mollet, subie il y a quelques jours.

Les deux chanteurs offriront de belles interprétations en duo de Non ! Tu ne m’aimes pas ! et de C’est toi, sous les yeux d’Éric-Emmanuel Schmitt, dans la peau de Bizet.

Cette incursion dans Carmen est fort intéressante, compte tenu de l’importance de l’œuvre. Éric-Emmanuel Schmitt, qui a une diction irréprochable, nous fait découvrir cette œuvre que l’on a toujours tenue pour acquise.

On retrouve un bel équilibre entre l’histoire racontée par Éric-Emmanuel Schmitt et les voix des chanteurs. Les volets théâtre et opéra s’imbriquent, dans l’ensemble, de belle façon. Il aurait été fort intéressant de croiser encore plus ces deux univers, qui se déploient presque toujours en parallèle, en sollicitant le volet jeu des deux chanteurs. Le mystère Carmen est un très bel hommage à Georges Bizet.


► Éric-Emmanuel Schmitt sera décoré en tant que Chevalier de l’Ordre national du Québec, lundi après-midi, à la salle du Conseil législatif de l’hôtel du Parlement. Cette reconnaissance est la plus haute distinction décernée par le gouvernement du Québec.