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Industrie de la pêche: la technologie présente même sur le bateau

Près de 500 pêcheurs ont adopté le journal de bord électronique Jobel

Industrie de la pêche: la technologie présente même sur le bateau
Photo courtoisie, Claire Canet

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Les pêcheurs de la Gaspésie sont à la fine pointe de la technologie grâce à un journal de bord électronique qui permet d’enregistrer facilement les prises quotidiennes. 

Le Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie (RPPSG) vient de remporter un prix pour le développement de cette technologie lors du dernier gala des Mercuriades, organisé par la Fédération des chambres de commerce du Québec. 

Le logiciel Jobel, qui a été commercialisé en 2015, fonctionne à partir de n’importe quel appareil mobile. 

Remplace les formulaires 

Il permet de remplacer les formulaires en papier de déclarations des captures exigées par le ministère de Pêches et Océans Canada (MPO). 

Les pêcheurs, qui n’ont pas accès à un réseau cellulaire lorsqu’ils sont en mer, peuvent tout de même remplir les champs hors ligne et transmettre le tout à l’aide d’un simple clic lorsqu’ils touchent à terre. 

La transmission de formulaires électroniques, qui est facilitée par ce logiciel, est déjà exigée pour la capture du homard aux îles de la Madeleine et en Gaspésie, ainsi que pour la pêche aux harengs. 

Pour les autres types de pêche, l’industrie est en transition, selon Claire Canet, chargée de projet pour le RPPSG. 

Tôt ou tard, l’ensemble des pêcheurs sera appelé à prendre le virage technologique, ajoute-t-elle. 

«Il y a plusieurs avantages à utiliser le journal de bord électronique», affirme Mme Canet. 

D’abord, pour Pêches et Océans, cela permet d’avoir rapidement une image précise de l’activité des captures et ainsi, d’assurer une meilleure gestion des stocks. Pour les pêcheurs, cet outil représente une économie de temps et d’argent. 

«Cela évite les problèmes de journaux de bord mouillés, illisibles ou raturés. Le système assure une plus grande confidentialité des données puisque ce sont les pêcheurs qui transmettent l’information. Ils n’ont plus besoin d’intermédiaires», a-t-elle renchéri. 

Traçabilité 

Jobel prend aussi en compte des données pour assurer la traçabilité des produits, une préoccupation de plus en plus grande auprès des consommateurs. 

«Nous avons déjà le médaillon du homard de la Gaspésie qui permet aux consommateurs d’identifier le pêcheur. Maintenant, Jobel va amener la traçabilité encore plus loin, tout au long de la chaîne de valeur», a poursuivi Mme Canet. 

À l’aide de GPS, il est possible, par exemple, d’obtenir les coordonnées d’une prise accidentelle d’une espèce en péril. 

«Il y a un certain nombre de données essentielles pour bien comprendre les lieux de répartition des espèces capturées. Elles permettent au MPO d’avoir une image en temps réel de ce qui est dans la mer. C’est vital à une période où il faut s’assurer que nos pêches sont durables. Ce qui est le cas du homard gaspésien.» 

«Pour le pêcheur, cela nous permet d’avoir un historique très précis de son activité qu’il peut facilement analyser au fil des années. Cela offre la possibilité d’adopter de meilleures pratiques de pêche au besoin.» 

Les pêcheurs adhèrent à Jobel grâce à un abonnement annuel en fonction du nombre d’espèces pêchées (module). Pour un seul module, le prix est de 65 $ par année. Pour les pêcheurs multiespèces, il existe différents forfaits. 

Le logiciel compte environ 500 pêcheurs. Cet outil technologique est également disponible pour les pêcheurs du Nouveau-Brunswick. 

Le RPPSG  

  • Le Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie (RPPSG) compte 164 membres, tous pêcheurs de homards en Gaspésie 
  • Année de fondation : 1991 
  • Mission : défendre, protéger et développer les intérêts économiques, sociaux et professionnels des homardiers gaspésiens ; le RPPSG soutient le développement du logiciel Jobel 
  • Siège social : Chandler