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Signes religieux interdits chez les enseignants : la CAQ «multiplie le nombre de victimes», déplore Charles Taylor

Signes religieux interdits chez les enseignants : la CAQ «multiplie le nombre de victimes», déplore Charles Taylor
Photo Simon Clark

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En étendant l’interdiction des signes religieux chez les enseignants et directeurs d’école, le gouvernement Legault «multiplie le nombre de victimes» de son projet de loi sur la laïcité, déplore le philosophe Charles Taylor.

Cosignataire du rapport Bouchard-Taylor, le philosophe n’est plus en faveur de l’interdiction des signes religieux chez les employés de l’État en position de coercition. Il s’est distancié depuis de cette mesure contenue dans son rapport.

M. Taylor estime néanmoins que le projet de loi 21 serait «beaucoup moins dommageable à notre société» si la CAQ se limitait à bannir les signes religieux uniquement chez les juges, les policiers et les gardiens de prison.

«(Le gouvernement) multiplie le nombre de victimes, le nombre de gens qui vont se trouver la porte fermée après un long entraînement pour être enseignant, a-t-il dit mardi, lors de son passage en commission parlementaire. Plus on multiplie ces cas-là, plus c’est mauvais pour la société».

Il estime que le Parti québécois avec sa défunte Charte des valeurs et le gouvernement caquiste avec son projet de loi 21 vont «complètement contre l’esprit (du) rapport (Bouchard-Taylor)».

Il précise que le principe fondamental établi par le document qu’il a pondu au terme d’une vaste consultation sur les accommodements raisonnables, c’est que les institutions doivent être neutres, mais les individus doivent être libres.  

«Le PQ, la CAQ, toujours ils vont au-delà (de la recommandation d’interdire aux employés de l’État en position de coercition d’afficher leur conviction religieuse), au lieu de trouver en ça un rempart où ils doivent s’arrêter, ils en font un tremplin pour aller plus loin», dénonce Charles Taylor.

Il s’interroge sur les féministes en faveur du projet de loi caquiste. «L’idée qu’on libère les femmes en leur niant la possibilité de trouver un emploi dans leur expertise, c’est du féminisme ça ? On leur dit (retournez) à la maison avec votre mari, vous n’avez pas le droit d’avoir une carrière !»

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