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Avis de décès repiqués: l'entreprise de Québec Afterlife devra payer 20 M$ en dédommagement

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L’entreprise de Québec Afterlife, qui repiquait et publiait des avis de décès sur sa propre plateforme Web, devra payer 20 millions $ en dédommagement pour pratique illégale. 

Un recours collectif, autorisé par un juge de la Cour fédérale en Ontario, a fixé à 10 millions $ les dommages punitifs et à 10 millions $ les dommages aggravants contre Afterlife et son président et actionnaire, Pascal « Paco » Leclerc.  

Afterlife a publié pendant plusieurs années sur son site Web les avis de personnes décédées et leurs photos, partout au Canada, sans le consentement des familles et de leurs proches.  

La demande de recours collectif a été amorcée l’an dernier par un résident de Saint-Jean de Terre-Neuve (Dawn Thompson) dont le père est décédé en 2017. Afterlife avait copié sans autorisation l’avis de décès dont la propriété intellectuelle appartenait à la famille.  

Selon le jugement de 91 pages, Afterlife a violé à de nombreuses reprises les droits d’auteur des avis de décès ainsi que les photos des défunts, tout en tentant de monnayer les informations obtenues.  

Afterlife se défend 

Il faut dire qu’Afterlife vendait sur son site aux proches des personnes disparues des chandelles virtuelles, des fleurs virtuelles et des messages de condoléances.  

Cette pratique avait d’ailleurs été dénoncée lors d’un reportage dans Le Journal, l’an dernier, par des propriétaires de salons funéraires au Québec.   

«C’est une décision très sérieuse qui envoie un avertissement très clair aux entreprises qui font le même genre de repiquage», a signalé hier la directrice générale de la Corporation des thanatologues du Québec, Annie St-Pierre.  

Joint mardi par Le Journal, l’homme d’affaires Pascal «Paco» Leclerc a indiqué que le site Afterlife n’existait plus. Il a été remplacé par la plateforme Everhere.com, dont les pratiques d’affaires ont changé.  

«La raison pour laquelle Afterlife a perdu sa cause, c’est que personne ne s’est présenté au tribunal», a-t-il précisé.  

Selon ce dernier, la plateforme Everhere s’assure maintenant que les familles sont les seules propriétaires de l’avis de décès, tout en leur offrant des forfaits de services funéraires beaucoup moins chers que le reste de l’industrie.  

«Me dénigrer personnellement, ainsi que l’organisation Everhere, dans les médias n’est qu’une magouille des maisons funéraires pour essayer de nuire à notre réputation, parce que nous sommes leur plus grande rivale à ce jour», a déploré l’homme d’affaires qui n’a pas voulu dire s’il avait l’intention de payer les 20 millions $.