/opinion/columnists
Navigation

Vert: le mot magique

Élizabeth May
Photo Chantal Poirier Elizabeth May, chef du Parti vert du Canada

Coup d'oeil sur cet article

Pas banal : la dernière élection complémentaire du présent mandat au Canada aura été remportée par le Parti vert. Même pas serrée : les verts obtiennent 37 %, 12 de plus que leurs plus proches rivaux, les conservateurs. Le parti de Justin Trudeau termine au 4e rang avec un maigre 11 % des appuis.

Les élections partielles ne constituent pas un prédicteur sûr de ce qui va arriver dans une élection générale six mois plus tard. Mais il s’agit quand même d’un Polaroïd intéressant sur l’état d’esprit des électeurs à un moment donné.

La montée des verts était mesurée par les sondeurs depuis quelques mois déjà. On les retrouve régulièrement au-dessus de la barre des 10 % à l’échelle du Canada, ce qui est énorme. J’étais quand même un peu sceptique. Les électeurs disent-ils « Vert » au sondeur pour se débarrasser lorsqu’ils sont déçus de tous les partis ?

Eh bien ! lundi, les électeurs se sont déplacés pour aller faire leur X en faveur du candidat vert. Il faut mettre dans la balance que la circonscription de Nanaimo-Ladysmith est située sur l’île de Vancouver, à proximité de celle de la chef des verts, Elizabeth May. Mais quand même !

L’engouement vert

Connaissent-ils vraiment le programme du Parti vert ? Voudraient-ils réellement voir ce parti gouverner le Canada ? Pas certain. En fait, j’ai plutôt l’impression que le message vert plaît et que le nom du parti fait tout le travail.

Je n’ai jamais vu un parti aussi absent de l’actualité, aussi inactif sur la place publique, obtenir d’aussi bons résultats. Le Parti vert ne fait pas grand-chose. La revue de presse de la chef Elizabeth May est incroyablement mince.

En fait, au cours des derniers mois, vous voulez savoir ce qu’elle a fait comme événement médiatisé ? Elle s’est mariée ! Un mariage carboneutre célébré le Jour de la Terre ! C’est pas beau ça ? Voilà son action de visibilité du printemps. Comment un parti aussi absent de l’actualité peut-il gagner autant d’appuis ? Réponse simple : c’est vert !

Le parti vert est vert. Et tout ce qui est vert est positif, recherché et peu critiquable. Pensez au Fonds vert. Il a fallu engloutir des fortunes de nos taxes sur l’essence avant que quelqu’un pose des questions.

Les partis d’opposition y sont allés sur la pointe des pieds avant de parler en mal de quelque chose qui s’appelle « vert ».

Des miettes pour Trudeau

Difficile de passer sous silence la performance pitoyable des libéraux. Cette circonscription ne leur est pas naturellement très favorable. Mais de là à finir avec 11 %. Cette déconvenue inquiétante contribuera à la nervosité des troupes.

Chez les libéraux, on se demande avec raison quel est le plan pour rebondir dans l’opinion publique. Et on commence aussi à se demander si le chef Justin Trudeau maîtrise la situation. En fait, certains se demandent s’il a la force et les ressources pour reprendre le haut du pavé.