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Les consommateurs de cannabis préfèrent encore le marché noir

Une majorité de consommateurs québécois s’approvisionnent encore auprès de leur ancien fournisseur plutôt que de se rendre dans les magasins de la SQDC. Sur la photo, la succursale à Sainte-Foy avait néanmoins été très occupée lors de sa deuxième journée d’activité, le 18 octobre dernier.
Photo d'archives, Dominique Lelièvre Une majorité de consommateurs québécois s’approvisionnent encore auprès de leur ancien fournisseur plutôt que de se rendre dans les magasins de la SQDC. Sur la photo, la succursale à Sainte-Foy avait néanmoins été très occupée lors de sa deuxième journée d’activité, le 18 octobre dernier.

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Les consommateurs québécois de cannabis boudent la Société québécoise de cannabis (SQDC), alors que plus de 60 % d’entre eux continuent de s’alimenter sur le marché noir, révèle un sondage de l’Université Dalhousie.

Le coup de sonde mené le mois dernier indique qu’une majorité de consommateurs québécois s’approvisionnent encore auprès de leur ancien fournisseur malgré la légalisation du cannabis il y a plus de six mois (17 octobre dernier).

«Si l’intention était d’éliminer le marché noir, l’initiative est un échec sur toute la ligne», soutient l’auteur principal du sondage et professeur en distribution agroalimentaire à l’Université Dalhousie d’Halifax, Sylvain Charlebois.

Selon ce dernier, les résultats de l’enquête démontrent que les prix élevés dans les magasins de la SQDC, le manque de produits disponibles et la qualité du cannabis sont les principales raisons invoquées par les consommateurs sondés.

«Les prix sont trop chers. À la base, les gens recherchent un produit et des rabais et s’il n’y a pas de valeur ajoutée, ils ne voient pas l’avantage d’aller dans des magasins de l’État», a souligné le professeur Charlebois.

Récemment, la SQDC a annoncé une hausse moyenne de prix de 5 % sur ses produits vendus en succursales et en ligne.

Une erreur, d’après M. Charlebois, alors que cette hausse se veut «soit de décourager les consommateurs d’acheter du cannabis à la SQDC, soit d’encourager le marché noir».

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Le Québec sur les freins

Le chercheur fait remarquer que le Québec est l’une des provinces les plus réfractaires au cannabis, avec notamment l’intention du gouvernement Legault de faire passer l’âge légal de la consommation de 18 à 21 ans.

«On remarque qu’en Ontario et au Nouveau-Brunswick, c’est la manne, alors qu’au Québec, on semble tout faire pour apaiser la nervosité», fait-il remarquer.

Perception négative

Chemin faisant, la perception des Québécois envers la légalisation de la consommation du cannabis à des fins récréatives a évolué négativement, relève le sondage.

Alors que 68,6 % des Québécois se disaient en faveur de la légalisation en 2017, cette proportion a fondu depuis à 50,1 % en 2019.

Des résultats qui ne surprennent pas le chargé de cours au département de Sciences politiques à l’UQAM, André Lamoureux.

«Il y a eu une multiplication de ratés au Québec depuis la légalisation et cela n’a pas beaucoup dérangé le crime organisé, qui demeure très bien implanté et présent. En ce sens, je ne suis pas surpris de voir que l’objectif de contrer le marché noir est loin d’être atteint au Québec», fait-il remarquer.

Les comestibles bientôt

La vente autorisée des produits comestibles de cannabis (bonbons, muffins, chips, boissons, etc.) en octobre prochain soulève également des interrogations auprès des consommateurs.

Plus de 60 % des sondés se disent inquiets que les enfants et jeunes adultes en développement aient accès plus facilement au cannabis.

Plus de la moitié (54,1 %) des participants au sondage ont également dit craindre les risques des produits comestibles pour les animaux de compagnie.

Pierre Couture était au micro de QUB radio pour commenter le sondage:

 

Quelques résultats du sondage

37 % des répondants ont dit consommer du cannabis

60,4 % des consommateurs de cannabis achètent encore de leur précédent fournisseur

50,1 % acceptent la légalisation, contre 68,6 % en 2017

20,3 % se disent incertains face à la légalisation, contre 6,9 % en 2017

Source : Sondage mené en avril 2019 auprès de 1051 répondants au Québec et dans le reste du pays.