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Uber révèle les gains bruts de ses chauffeurs à Montréal, mais pas ce qu’il reste dans leurs poches

Uber révèle les gains bruts de ses chauffeurs à Montréal, mais pas ce qu’il reste dans leurs poches
AFP

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QUÉBEC | Uber a révélé jeudi que le revenu médian horaire d’un chauffeur à Montréal se situe entre 19 $ et 21 $ bruts, mais refuse d’indiquer combien ils leur restent en moyenne après les frais comme l’essence ou les réparations.

«Le revenu horaire médian [dans le Grand] Montréal d’un partenaire-chauffeur Uber entre le 1er janvier 2018 et le 6 janvier 2019 se situait entre 19,17 $ et 21,11 $ de l’heure bruts», a indiqué le porte-parole d’Uber Canada, Jean-Christophe de Le Rue, lors de l’étude du projet de loi sur la modernisation du taxi, jeudi.

Confronté par le député libéral Gaétan Barrette sur le revenu net des chauffeurs d’Uber à Montréal, M. de Le Rue a été incapable de répondre.

«Ça dépend de quelle voiture, la façon dont l’individu conduit. Donc, c’est extrêmement variable. [...] Je pourrai vous revenir avec cette statistique-là», a-t-il indiqué.

«Le 19 $ à 21 $, ça paraît bien, mais la vie peut être plus inconfortable...», a répondu le député libéral, avec une pointe d’ironie.

«Si c’était si beau, les chauffeurs courraient chez vous et ne feraient pas la grève comme c’est le cas aujourd’hui. Ça serait le nirvana de l’emploi», a-t-il poursuivi.

L’ex-ministre a par ailleurs laissé entendre que ce revenu brut est probablement bien moindre à l’extérieur des périodes de pointe et du centre-ville de Montréal, ce que le porte-parole de la multinationale n’a pas contesté.

Données ouvertes

Par ailleurs, Uber a annoncé son intention de rendre bientôt publiques sur une plateforme web les données dressant le portrait des déplacements de ses clients, advenant l’adoption du projet de loi.

«Cette plateforme permet le partage de données, qui aide les urbanistes et les sociétés de transport en commun, notamment», a expliqué M. de Le Rue.

«Nous serions heureux d’engager un partenariat avec la Société de transport de Montréal. C’est ce qu’on fait partout ailleurs dans le monde», a-t-il ajouté.

Des propos qui ont réjoui M. Barrette et le ministre des Transports, François Bonnardel.

«Montréal, c’est la métropole. On a besoin de savoir comment les gens bougent pour amener les gens à réduire l’auto solo», a indiqué M. Bonnardel.

Par ailleurs, Uber a dit faire confiance aux décideurs quant à la redevance par course qui sera perçue par le gouvernement pour dédommager les chauffeurs dans la perte de valeur de leurs permis de taxi. Cette contribution a récemment été établie à 0,90 $ par le gouvernement Legault.

«On comprend tout à fait que les bouleversements technologiques amènent de l’incertitude, amènent des changements. [...] On souhaite contribuer au débat entourant l’indemnisation, mais on fait 100 % confiance au législateur québécois pour assurer sa mise en œuvre», a dit M. de Le Rue.