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Cannabis médical: trop de malades se traitent eux-mêmes

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Depuis que la marijuana a été légalisée au pays l’automne dernier, plusieurs malades ignorent l’avis de leur médecin sur le cannabis médical et se rendent directement dans les succursales de la Société québécoise du cannabis (SQDC), croyant à tort y trouver ce qui allégera leurs souffrances.

C’est ce que remarque avec désolation le Dr Antonio Vigano, directeur de recherche à Santé Cannabis.

«C’est très inquiétant. Surtout qu’il y a des gens qui pensent que le cannabis peut les guérir, alors qu’en réalité, ça ne fait que soulager certains effets secondaires de la médication, comme le manque d’appétit ou la nausée», a insisté l’oncologue, samedi, en entrevue avec l’Agence QMI.

Demande croissante

Même si le cannabis peut être prescrit par des médecins dans certaines circonstances depuis plusieurs années, son usage médical connaît un engouement sans précédent depuis sa légalisation complète le 17 octobre dernier. À Santé Cannabis, la liste d’attente avant de voir un médecin atteint les six mois, du jamais vu.

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Samedi, lors du forum annuel de la Fondation du cancer du sein, quelques dizaines de femmes étaient venues spécialement pour entendre le Dr Vigano, qui y animait un atelier.

«Avant de venir ici, je pensais que c’était ce qu’il me fallait, mais finalement, pas du tout. Ce n’est vraiment pas ce que je croyais, alors je vais laisser faire», a confié Sylvie Vallée, qui tenait à demander l’avis d’un expert avant de traiter son cancer avec du pot.

Pas pour tous

Même si le cannabis thérapeutique ne convient pas à tous les besoins ni à toutes les personnes, ce n’est pas tout le monde qui a la sagesse de Sylvie Vallée.

Pourtant, les doses de marijuana doivent être étroitement surveillées par un médecin pour éviter les sevrages, rappelle le Dr Vigano.

Un médecin peut aussi prescrire à son patient une forme synthétique de cannabis, qu’on ne retrouve pas en boutique et qui est souvent plus appropriée aux besoins des malades.

«Malheureusement, beaucoup de médecins sont encore mal informés», a reconnu Antonio Vigano, qui mise sur une meilleure formation de ses collègues pour arriver à répondre à la demande, ce qui laisserait moins de malades s’automédicamenter.