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Douleurs chroniques et sexualité

Young woman suffering of headache or migraine
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La sexualité représente un aspect très important de la vie d’un individu. Il arrive régulièrement que des perturbateurs viennent corrompre un état de bien-être, bien-être tant espéré lors de ces moments d’intimité. Ces désagréments oscillent sur le continuum en termes de « simplement désagréables (mais tolérables) à totalement insupportables (handicapants) ». De toute évidence, une douleur qui se situe davantage du côté du « insupportable » ne permet pas de vivre une sexualité épanouissante et riche. Bien au contraire. L’ensemble de la vie de cette personne est perturbée, affectée par les dommages collatéraux. Comment y remédier ?

La douleur chronique dans la vie quotidienne

La douleur chronique est un grave problème de santé, plus développé qu’il n’y paraît, qui affecte la vie quotidienne des personnes atteintes. De sources multiples et diversifiées, elle peut survenir à la suite d’un accident ou d’une maladie, ou encore être associée à un désordre chronique, une maladie évolutive ou dégénérative. Inhérente à la cause et la personne affectée, la douleur chronique peut être locale ou diffuse, voir même récurente. Elle emprunte des formes diverses : brutale, intense, brûlante, lancinante, ou simple picotement.1

Vie personnelle à l’épreuve

Il n’est pas rare de constater, chez des gens qui souffrent de douleurs chroniques, que le plaisir ne fait plus partie intégrante de leur vie. S’il se présente, il n’est qu’éphémère et difficilement reproduisible, l’état de santé incertain faisant souvent craindre le pire. Chantal, une lectrice de 38 ans raconte : « J’ai toujours eu beaucoup de douleurs. Depuis que je suis adolescente. Ma mère me disait que j’avais une petite santé. Je ne me sentais pas du tout appuyée. Les médecins que j’avais vus à l’époque me disaient que c’était dans ma tête. Dès l’âge de 19 ans, j’ai cessé de me confier, cesser d’en parler. Même à mon chum de l’époque, j’avais peur de le perdre, peur qu’il pense comme ma mère, que je suis une malade imaginaire. Je me suis mariée, j’ai eu deux enfants et j’ai souffert le martyre en silence. Nos relations sexuelles étaient quasiment nulles, je ne pouvais pas les supporter. Il a fini par me tromper et on s’est divorcé dans la tourmente. Il n’a jamais su à quel point j’avais mal. Depuis deux ans, je consulte un nouveau médecin et un psychologue. J’essaie de voir du positif, même à dose homéopathique. Je veux m’en sortir, ce n’est pas facile, mais je sais que des solutions apparaîtront pour moi. »

Renouer avec le plaisir

L’absence d’orgasme, pour certaines de plaisir, ne doit pas pour autant se réduire aux seuls gestes à caractères sexuels. Le plaisir se décline de bien des façons, il personnifie un large éventail de situations, d’activités ou de loisirs. Or, les personnes qui souffrent de façon chronique voient leur relation au plaisir totalement transformée. Cette relation a besoin d’être reconstruite, le plaisir doit s’apprivoiser petit à petit, sans grandes attentes.

Dans un couple, la douleur chronique de l’un peut affecter la vie quotidienne l’autre, voir la relation en elle-même. Pour éviter quelques frustrations répétées et, à long terme, l’éloignement des partenaires du couple, il est important de maintenir des moments uniques entre conjoints. Cela permet de maintenir le contact, de procurer des moments de qualité pour soi et pour l’autre, en plus de combler les besoins d’affection et d’intimité physique si importants.2

Après tout, des solutions peuvent poindre à l’horizon, mais elles sont tributaires d’un diagnostic adéquat, alors n’hésitez pas à en parler à votre professionnel de la santé. Ne souffrez plus en silence.


1. Zoom sur la douleur chronique, Association québécoise de la douleur chronique.

2. Sexualité : douleur chronique et vie intime, comment concilier les deux, ACCORD : regroupement des forces pour gérer la douleur chronique.