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Enquête de la Commission de l’accès à l’information

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Au centre commercial Place Sainte-Foy, à Québec, un projet pilote de reconnaissance faciale mené au cours des derniers mois fait l’objet d’une enquête de la Commission de l’accès à l’information (CAI).

La direction de l’organisme n’a pas voulu commenter le dossier hier, mais a confirmé enquêter sur la portée de la technologie utilisée par le propriétaire du centre commercial.

Comme Le Journal l’a rapporté en janvier dernier, Ivanhoé Cambridge avait installé une dizaine de caméras à Place Sainte-Foy, qui collectaient des données sur les clients de trois détaillants, soit La Vie en Rose, Tristan et la lunetterie BonLook.

Les caméras ont servi à capter les visages des consommateurs pour déterminer leur âge, leur sexe et leur humeur. Les données obtenues ont également permis aux détaillants d’améliorer leurs offres commerciales.

Plaintes

Malgré des affiches qui prévenaient les clients de Place Sainte-Foy que des caméras les filmaient, plusieurs plaintes ont été déposées à la Commission de l’accès à l’information.

Ivanhoé Cambridge dit avoir mis fin à son projet pilote, mais songe toujours à implanter dans ses autres centres commerciaux cette technologie de reconnaissance faciale par caméra.

« Nous avons utilisé l’analyse de vidéos anonymes qui ne permettent pas de reconnaître l’identité des consommateurs. Les images captées ont servi à obtenir approximativement l’âge, le sexe et les réactions des consommateurs », a tenu à préciser une porte-parole d’Ivanhoé, Karine Groleau.

Droits

Pour l’heure, la Loi sur la protection de la vie privée permet la captation d’images par des caméras de surveillance pour des questions de sécurité. « Les commerçants disent que les caméras sont là pour la sécurité, mais personne ne vérifie ce qu’ils font véritablement avec les données », rappelle le spécialiste informatique en sécurité de l’information, Steve Waterhouse.

Pour l’avocat spécialisé en vie privée chez Fasken Martineau Antoine Aylwin, les clients des centres commerciaux ont des droits légitimes qui se doivent d’être respectés tout en reconnaissant se trouver dans un lieu public. « Le fait qu’on me fiche et qu’on garde un historique de toutes mes venues au centre d’achat, c’est exagéré. Et chaque fois que l’on va vers une identification, cela devient discutable », fait-il remarquer.