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La mairesse n’aura pas le beurre et l’argent du beurre

Valérie Plante
Photo Agence QMI, Toma Iczkovits Valérie Plante

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Débusquer les fausses nouvelles, vérifier les déclarations des politiciens, trouver les vrais chiffres : les recherchistes de notre Bureau d’enquête, basées à Montréal, Québec et Ottawa, se spécialisent dans l’art de rétablir les faits. Chaque samedi, elles vous présentent leurs trouvailles pour vous permettre d’y voir plus clair dans l’actualité de la semaine.


L’énoncé

La mairesse de Montréal, Valérie Plante, a fait une sortie contre le gouvernement Legault en début de semaine.

Elle était mécontente que Québec donne un mandat à la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) pour étudier une éventuelle prolongation du Réseau express métropolitain (REM).

« C’est inquiétant de donner des mandats directement à la CDPQ sans passer par l’ARTM [Autorité régionale de transport métropolitain]. C’est pour ça que je demande, je dirais même que j’exige, que ça passe par l’ARTM », a pesté Mme Plante.

L’ARTM est l’organisme public responsable de planifier les transports en commun dans la région de Montréal.

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Les faits

Malheureusement pour Mme Plante, le prolongement du REM, s’il est financé par la Caisse, ne peut tout simplement pas être chapeauté par l’ARTM.

En effet, la loi sur la CDPQ-Infra, adoptée par le gouvernement Couillard en 2015, prévoit que lorsque la Caisse investit dans un projet de transport en commun, elle en est le maître d’œuvre. Elle réalise donc des études « en toute indépendance » et peut conclure des ententes avec le gouvernement sans que la loi sur l’ARTM s’applique.

Dans ce cas-ci, c’est au gouvernement de définir « les besoins à combler et les objectifs d’intérêt public concernant le projet » et d’autoriser « la solution à mettre en œuvre parmi les différentes options proposées par la Caisse ».

La mairesse de Montréal ne peut donc avoir le beurre et l’argent du beurre !

 

Le chiffre de la semaine : 12,3 G$

C’est le montant annuel que le gouvernement fédéral prévoit dépenser en 2026-2027 pour l’acquisition d’équipements militaires majeurs, selon un document déposé cette semaine à la Chambre des communes.

Pour ce faire, il devra quadrupler ses investissements annuels actuels, qui s’élèvent à 3,2 milliards de dollars.

Le Canada a entre autres l’intention d’acheter 88 appareils pour remplacer ses vieux avions-chasseurs CF-18.

Ce projet, qui pourrait coûter jusqu’à 19 milliards $, doit s’étendre jusqu’en 2032, le temps que la nouvelle flotte soit « pleinement opérationnelle ».

La Défense nationale augmentera ses dépenses totales de plus de 70 % d’ici 2027 après « des années de coupures budgétaires en matière de défense », indique-t-on dans le document.

– Sarah Daoust-Braun

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