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Le nouvel album très canadien de Corey Hart

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Bien qu’immortalisé au sein du Panthéon de la musique canadienne plus tôt cette année, Corey Hart ne prévoit pas retirer sa veste de cuir de rockeur romantique de si tôt. En plus d’une tournée estivale pancanadienne, le chanteur — qui s’est fait incroyablement discret au cours des dernières années — vient tout juste de faire paraître un maxi plutôt affable.

Corey Hart

Photo courtoisie

★★★

Dreaming Time Again

UN PEU, BEAUCOUP D’INFLUENCE DU BOSS

Dès la pièce-titre, qui ouvre également le bal, Hart ressasse des souvenirs rock sur fond de guitares et de saxophone qui semble être un hommage — ou, du moins, un ersatz — à Born To Run de Springsteen. C’est « facile », mais ça demeure bien fait et, surtout cordial.

Le sourire s’estompe toutefois dès la seconde pièce, puis la troisième, etc. où Hart abuse des ballades pop-rock devinables visiblement destinées à un auditoire unifolié.

DU CAFÉ TIM HORTON À LA PLACE DU SANG

Sur Shawnee Girl, le chanteur fait fi de sa propre prémisse rafraîchissante — les Shawnees sont un peuple nord-amérindien — pour finalement proposer une balade à l’eau de rose où les origines de sa muse pourraient être, au final, interchangeables. Franchement...

Puis, sur Another December, l’auteur-compositeur-interprète rend hommage à sa défunte mère... sur une chanson des Fêtes. Soulignons-le : lancer une toune de Noël en mai est un pari relevé et, malheureusement ici, la pièce pique du nez.

L’artiste ténébreux se reprend, notamment, avec First Rodeo, un duo très « canadian rock » livré en compagnie d’un autre trésor national : Jim Cuddy de Blue Rodeo.

Bref, pour son retour sur disque après un silence de cinq années, Corey Hart propose une œuvre incroyablement conservatrice et polie. À l’image du cliché qu’on se fait du Canada à l’étranger, en effet. Justin Trudeau doit trépigner à l’écoute de Dreaming Time Again.

Malgré tout, le charme opère... fort heureusement.

Mac DeMarco

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★★★

Here Comes The Cowboy

Le chantre du slacker rock actuel semble être dans un creux de vague sur ce quatrième album plutôt décevant. S’ouvrant sur une pièce-titre tirant sur la mauvaise blague, DeMarco enchaîne avec le single convaincant Nobody pour ensuite livrer tout un marasme. En gros : c’est mou et lent (même pour DeMarco). Bien qu’on apprécie que l’auteur-compositeur-interprète touche-à-tout prenne un risque en faisant fi des attentes, le fait demeure : les moments forts de Here Comes The Cowboy sont rares. Cruellement rares.

Vampire Weekend

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★★★

Father Of The Bride

Malgré son horrible pochette très eighties et son titre donnant l’envie de revisionner le classique de Steve Martin du même nom, Father Of The Bride des chouchous indie rock Vampire Weekend s’avère satisfaisant. Sûrement l’œuvre la plus « nord-américaine » du groupe qui s’est tout d’abord distingué par son « appréciation culturelle » des musiques africaines, ce quatrième LP est prévisible, mais surtout sympa. C’est du Vampire Weekend un brin édulcoré aux mélodies — et diantrement plus sombres aux textes —, mais qui fait la job. La pièce maîtresse : Sunflower.

L7

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★★

Scatter The Rats

Une décennie après Slap-Happy, le combo grunge culte — qui a pris une pause en 2001 pour ensuite revenir à l’assaut en 2014 — propose Scatter The Rats, un septième album d’une autre époque. Si les fans seront comblés d’avoir du nouveau matériel de L7, les mélomanes, eux, sourcilleront à l’écoute de ses musiques rock incroyablement basiques et de textes quelconques. Le premier tiers de l’œuvre est dur pour les nerfs, mais ça se place (un peu) en second lieu. « Retour » manqué, bref. Zut.

Coup de coeur

BAD RELIGION

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★★★½ 

Age of Unreason

Ça fait déjà six ans que ces légendes du punk se faisaient discrètes et, un 45e Président plus tard, Bad Religion sort de sa caverne avec des recrues en prime. Flanqué de nouveaux batteur, guitariste et producteur, le duo Brett Gurewitz et Greg Gaffin rivalise ici avec l’excellent True North, l’album précédent du projet, tout en y ajoutant — Trump oblige — une bonne dose de ténèbres opaques côté paroles. Un brin longuet, mais percutant d’un bout à l’autre et, surtout, très d’actualité.