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Trois fois plus d’argent pour les routes de la région

Le transport collectif est moins financé par le gouvernement du Québec

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 Le gouvernement du Québec investira trois fois plus d’argent sur les routes de la capitale que dans le transport collectif au cours de la prochaine décennie. 

 Les travaux routiers se taillent la part du lion du Plan québécois des infrastructures (PQI) pour la période de 2019 à 2029 dans la région de la Capitale-Nationale. 

 Ainsi, 1,5 milliard $ est inscrit au fameux plan pour des projets routiers à l’étude, en planification ou en réalisation, a appris Le Journal grâce à une compilation obtenue par l’accès à l’information. 

 Sur 10 ans, 12 projets ayant une valeur totale supérieure à 50 millions $ sont planifiés pour la capitale. 

 Troisième lien 

 Cela comprend entre autres le pont de l’Île-d’Orléans, le réaménagement de l’échangeur de l’autoroute 20 et de la route 173 à Lévis et le troisième lien interrives. 

 En contrepartie, une somme beaucoup moins élevée est prévue pour le transport collectif. En tout, 441 millions $ sont inscrits au PQI. Un seul projet de 50 millions $ et plus est inclus, soit le réseau structurant de transport en commun de la Ville de Québec. Malgré sa promesse de financer le projet à la hauteur de 1,8 milliard $, le gouvernement n’a inscrit au PQI que le quart de la somme. Or, le projet est prévu pour être mis en service en 2026. 

 Le portrait le plus juste 

 Le PQI représente le portrait le plus juste des investissements en infrastructures prévus par le gouvernement du Québec pour le maintien et la bonification de l’offre de service. 

 Sur le site du Secrétariat du Conseil du trésor, qui tient les cordons de la bourse de l’État québécois, on le présente comme « un puissant outil de planification qui permet d'assurer que les fonds publics sont investis de façon optimale, conformément aux priorités du gouvernement et à la capacité de payer des citoyens ». 

 Le fait que les montants prévus au PQI ne représentent pas le total des montants estimés pour les projets, dont celui du réseau structurant, s’explique par le fait que le projet est à la phase « planification », indique-t-on au ministère des Transports. 

 « Ainsi, les sommes prévues actuellement au PQI 2019-2029 ne reflètent pas le coût total du projet. Lorsque ce dernier passera à la phase « réalisation », le coût total du projet sera connu ainsi que le financement des différents partenaires », a indiqué la porte-parole du Ministère Émilie Lord. La même logique s’applique pour tous les projets en phase de planification. 

 Engagement de Legault 

 Le coordonnateur de l’Alliance TRANSIT pour le financement des transports collectifs, Samuel Pagé-Plouffe, rappelle que le gouvernement Legault s’est engagé à plusieurs reprises à financer les routes et le transport collectif en parts égales. 

 Il rappelle qu’en Ontario, cette proportion est passée à 70 % pour le transport en commun et 30 % pour les routes. 

 « On n’est pas rendu à ce niveau, mais on s’attend à ce que dans les prochaines années, il y ait une augmentation forte des investissements en transport collectif. Et on va voir à Québec ce niveau-là remonter et se rééquilibrer si on réussit à se faire confirmer le réseau de transport structurant. » 

 À moins, nuance-t-il, que le gouvernement persiste dans son projet de troisième lien. « J’ai de la misère à croire que le troisième lien va se confirmer. » 

  

 Un projet pour Québec, 31 pour Montréal 

 Le ministère des Transports prévoit un seul projet majeur au menu dans la région de la Capitale-Nationale pendant les 10 prochaines années en transport collectif, alors qu’une trentaine sont à l’ordre du jour pour Montréal. 

 Parmi les projets de 50 millions $ ou plus inscrits au Plan québécois des infrastructures (PQI), un seul est prévu dans la région de Québec d’ici 2029. Il s’agit du réseau de transport structurant de tramway-trambus. 

 Pendant ce temps, la métropole reçoit la manne, avec pas moins de 31 projets qui sont à diverses étapes : à l’étude, en planification, en réalisation ou en phase de clôture. 

 Extension et nouveaux réseaux 

Étienne Grandmont, Accès transports viables
Photo Jean-François Desgagnés
Étienne Grandmont, Accès transports viables

 Parmi ceux-ci, on retrouve un projet qui touche l’extension du réseau existant, soit le prolongement de la ligne bleue du métro de Montréal. 

 D’autre part, on ajoute de nouveaux réseaux avec « l’implantation d’un mode de transport collectif structurant dans l’est de Montréal» et « l’implantation d’un service rapide par bus intégré à la requalification de l’axe Pie-IX entre Montréal et Laval ». 

 À cela s’ajoute une série d’améliorations aux infrastructures comme la rénovation de stations, l’achat de wagons, l’acquisition d’un terrain pour une gare ou la construction de centres de transport. 

 Peu d’effort sur Québec 

 Pour Étienne Grandmont, d’Accès transports viables, cette situation n’est pas surprenante. 

 « À Montréal, les besoins sont plus grands. Mais en même temps, il y a peu d’efforts qui sont mis sur Québec et les autres régions. » 

 Selon lui, Québec est pris dans un cercle vicieux. Montréal bénéficie du métro, donc d’un fort achalandage, qui croît et pousse les gouvernements à investir davantage. 

 « Mais à Québec, ça fait tellement longtemps qu’il n’y a pas eu d’investissement majeur dans le transport collectif, c’est depuis 1992 avec l’arrivée des métrobus », souligne-t-il. 

 Sans augmentation de la capacité du réseau, on n’a pas de croissance de l’achalandage, donc pas de demande d’investissement. 

 « Pour Québec, on a toujours dit que c’était un mauvais timing. On a pris du retard avec le temps. » 

 

 Investissements du gouvernement du Québec  

 

 2019-2029  

 

 

 Transport routier  

  

  •  1,5 milliard $   

  

  •  12 projets de 50 millions $ et plus pour la capitale   

 

 Transport collectif  

  

  •  441 millions $   

  

  •  1 projet de 50 millions $ et plus pour la capitale