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Collectif dirigé par Elsa Pépin: douze histoires d’accouchement

Elsa Pépin
Photo courtoisie, Jorge Camarotti Elsa Pépin

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Douze auteurs — 11 femmes et un homme — racontent, chacun à sa manière, une histoire d’accouchement, belle, difficile, émouvante ou tragique, dans un collectif dirigé par Elsa Pépin, Dans le ventre. L’arrivée au monde d’un enfant, racontée par Ariane Moffatt, Anaïs Barbeau-Lavalette ou Mélissa Verreault, mère de triplés, est un événement qui ne s’oublie jamais.

Elsa Pépin a été très surprise des textes qui lui ont été soumis, après qu’elle eut demandé à ces écrivains de parler de leur accouchement.

«Je me disais, il y en a peut-être qui vont trouver que c’est intime et qui vont exprimer une certaine pudeur à parler de ça. Mais elles ont toutes dit oui, avec une espèce d’urgence. Elles avaient visiblement un besoin de s’exprimer», dit-elle.

L’éditrice voulait avoir plusieurs voix différentes pour parler de ce sujet. «Rébecca Déraspe et Alexia Bürger viennent du théâtre. Je voulais des textes dans un registre poétique, d’autres plus comiques. Chacune avait sa façon unique de raconter ce qui s’est passé, avec son univers, son imaginaire. L’accouchement, c’est unique : donner naissance, c’est universel, mais devenir parent et vivre cet événement, c’est toujours complètement unique.»

Elsa Pépin trouve qu’on diffuse et qu’on propage un discours de l’accouchement type, de ce que ça devrait être, alors que chaque femme a son histoire. «Il y en a qui peuvent vivre un traumatisme. Et je trouve que c’est important de revenir à la perception de la mère, à ce qu’elle a vécu, parce que ça marque à jamais.»

Perspective différente

Tous les auteurs ont pris une perspective différente. «On parle de l’attente, du deuil périnatal — une femme qui perd son bébé. Le texte de Maxime Catellier est intéressant aussi parce qu’il parle du rôle du père, qui se sent complètement inutile. Ce paysage contrasté donne plusieurs points de vue sur l’accouchement.»

Ariane Moffatt raconte son parcours difficile en procréation assistée et un accouchement par césarienne, parle de la peur de mourir. Mélissa Verreault partage son expérience de mère de triplés.

Anaïs Barbeau-Lavalette raconte comment elle a donné naissance à son enfant dans une voiture, sur le bord de l’autoroute, et son chum s’est transformé en accoucheur d’urgence.

«L’accouchement, la naissance, ça reconnecte à des émotions très primitives, à des choses auxquelles on n’a pas beaucoup accès, aujourd’hui. J’ai été moi-même connectée, pendant 24 heures, à mon instinct de survie, parce que je pensais que j’allais mourir. C’est épique, accoucher. Ce n’est pas un moment de grâce calme. Pour beaucoup, c’est un choc.»

► Ces 12 histoires sont signées Mélikah Abdelmounen, Anaïs Barbeau-Lavalette, Alexia Bürger, Maxime Catellier, Martine Delvaux, Rébecca Déraspe, Julie Hétu, Ariane LaSalle, Eveline Marcil-Denault­­­­, Ariane Moffatt, Elsa Pépin et Mélissa Verreault.

<b><i>Dans le ventre  — histoires d’accouchement</i></b><br>
Collectif dirigé par Elsa Pépin<br>
Éditions XYZ/ Quai No 5<br>
220 pages
Photo courtoisie, Éditions Quai No 5 XYZ
Dans le ventre — histoires d’accouchement
Collectif dirigé par Elsa Pépin
Éditions XYZ/ Quai No 5
220 pages