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Finie la révision de notes par les directions d’écoles

Finie la révision de notes par les directions d’écoles
Photo d'archives, Simon Clark

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QUÉBEC | Le ministre de l’Éducation s’engage à revoir la Loi sur l’instruction publique d’ici la fin de l’année pour que les directions d’école ne gonflent plus les notes des élèves en échec à l’insu de leurs enseignants.

Déjà, il y a deux semaines, le ministre Jean-François Roberge avait annoncé la fin de l’arrondissement des résultats aux examens du ministère. En 2017, son prédécesseur, le libéral Sébastien Proulx, avait appris en commission parlementaire que des élèves qui étaient en situation d’échec après avoir obtenu une note de 58% ou 59% se voyaient accorder automatiquement la note de 60%, le seuil de réussite.

L’annonce du ministre Roberge ne s’appliquait toutefois pas aux examens maison, qui sont corrigés par le professeur, non par des fonctionnaires. Pourtant, il est connu depuis plusieurs années qu’il est courant que des directions d’écoles et des commissions scolaires revoient unilatéralement la note d’un élève en échec.

«Oui, le problème n’est pas réglé dans son ensemble [...]. À terme, une direction d’école devra obligatoirement consulter l’enseignant avant de remettre en question une note inscrite par celui-ci», a indiqué le bureau du ministre par courriel à l’Agence QMI.

Pour ce faire, Québec compte faire reconnaître le «jugement professionnel des enseignants» dans la Loi sur l’instruction publique.

Un cercle vicieux

Il s’agit d’«un pas dans la bonne direction», selon la présidente de la Fédération des syndicats de l’enseignement, Josée Scalabrini, qui souhaite que le gouvernement aille encore plus loin en revoyant complètement le processus d’évaluation.

Selon Mme Scalabrini, le ministère maintient des objectifs ambitieux sur les commissions scolaires, qui font ensuite subir la pression aux directions d’école pour que leurs élèves aient un meilleur rendement. À la fin de la chaîne, des enseignants sont forcés par leur direction à faire preuve de plus d’indulgence quand leur groupe est en dessous de la moyenne. D’autres voient les notes de leurs élèves relevées sans leur autorisation.

«En réalité, c’est normal d’avoir un groupe plus faible. Quand un enseignant met un échec à un élève, il sait très bien ce qu’il fait: il a passé l’année avec [lui], contrairement à la direction», a conclu la syndicaliste.