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Les IRM en pleine nuit gagnent en popularité

De nombreux patients choisissent de subir leur examen après minuit

Lucie Francoeur a accepté un rendez-vous au petit matin, afin de subir son examen plus rapidement. Sur la photo, on voit la dame à sa résidence, à Québec, à la mi-avril.
Photo Jean-François Desgagnés Lucie Francoeur a accepté un rendez-vous au petit matin, afin de subir son examen plus rapidement. Sur la photo, on voit la dame à sa résidence, à Québec, à la mi-avril.

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Alors que la pratique était presque inexistante il y a quelques années, un examen de résonance magnétique sur cinq est désormais réalisé en pleine nuit au CHU de Québec.

En 2018, 23 % des tests d’imagerie par résonance magnétique (IRM) ont été réalisés entre minuit et huit heures du matin. Depuis que la pratique a été élargie à l’ensemble de ses hôpitaux en 2014, le CHU de Québec calcule avoir réalisé 33 820 examens de plus que s’il s’en était tenu aux plages horaires traditionnelles.

À l’Hôpital de l’Enfant-Jésus, situé dans Limoilou, plus d’IRM sont réalisées chaque année au petit matin qu’en plein jour. L’an dernier, 5452 examens ont eu lieu de nuit, contre 3820 de jour. Malgré tout, la plus grande proportion des tests ont été faits en soirée, soit 5773.

Les examens nocturnes sont toutefois beaucoup plus rares pour la tomodensitométrie, communément appelée le « scan », dont seuls 3 % des tests ont eu lieu avant l’aube. Moins de rendez-vous sont offerts pour un scan la nuit, explique le CHU, parce que les listes d’attente pour ceux-ci sont moins longues.

Rendez-vous rapides

Lucie Francoeur a été surprise de se faire offrir un rendez-vous à quatre heures du matin à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus pour une IRM qui a finalement révélé un petit AVC. Mais la commis de bureau de 49 ans s’est réjouie de pouvoir être vue en trois semaines, plutôt que d’attendre entre deux et trois mois pour un rendez-vous de jour. « En dedans d’un mois, tout était fait », raconte-t-elle en entrevue avec notre Bureau parlementaire.

De plus, l’hôpital était pratiquement désert avant l’aurore. « Alors on passe vraiment à l’heure, souligne Lucie Francoeur. Je suis arrivée à 3 h 45 du matin et à 4 h 30 j’étais déjà ressortie de l’hôpital », raconte-t-elle. Pour l’anecdote, Lucie Francoeur confie s’être présentée, habillée « en mou » à son rendez-vous, ayant bon espoir de ne pas croiser de connaissances à cette heure matinale.

Dégager les plages horaires

Après un projet pilote à l’Enfant-Jésus en 2011, le CHU a élargi la pratique des IRM de nuit à l’ensemble de ses installations il y a cinq ans. Les patients ont toujours le choix de demander un rendez-vous de jour, précise-t-on.

« Ça nous permet d’augmenter l’accessibilité pour nos patients et de libérer les plages horaires de jour pour les examens qui nécessitent la présence d’un radiologue ou d’un anesthésiste », souligne la coordonnatrice de la direction médicale des services hospitaliers, volet imagerie médicale et électrophysiologie, Christine Goudreault.

Malgré tout, les listes d’attente n’ont pas diminué. Tout au plus, les IRM de nuit ont permis d’éviter qu’elles ne s’allongent. « C’est un examen qui est très demandé : plus on en fait, plus on en demande », explique Christine Goudreault.

IRM réalisées entre minuit et 8 h en 2018

Centre hospitalier de l’Université Laval : 7 %

Hôpital de l’Enfant-Jésus : 36 %

Hôpital Saint-François d’Assise : 6 %

Hôpital du Saint-Sacrement : 30 %

Hôtel-Dieu de Québec : 13%