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Le grand cœur d'une mère monoparentale d'une famille de 10 enfants

En plus de ses deux enfants, elle est foyer d’accueil pour huit autres jeunes

Le grand cœur d'une mère monoparentale d'une famille de 10 enfants
Photo Jean-François Desgagnés

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Après avoir eu deux enfants, une mère monoparentale de la région de Québec a décidé d’ouvrir son cœur, il y a dix ans, pour accueillir un bambin d’un centre jeunesse. Aujourd’hui, sa bonté sans borne s’est transformée en famille de dix enfants.

Pour Nathalie*, il y a les liens du sang et ceux du cœur. Maman biologique de ses deux plus vieux, elle est également mère d’accueil de sept garçons et une fille.

C’est sa rencontre avec un enfant issu d’un centre jeunesse qui lui a donné envie de prendre soin d’autres enfants comme lui.

«J’avais une garderie, et je gardais un enfant du centre jeunesse. Il avait trois ans. Il m’a touchée en plein cœur», se souvient la maman.

Elle a entrepris des démarches pour devenir famille d’accueil et, entre 2008 et 2010, elle a accueilli trois jeunes bébés de quelques semaines, un bambin de neuf mois et un garçon de 9 ans.

Mais sa bonté n’a pas de limite, et en 2015, elle a décidé d’agrandir encore sa famille.

«C’était un 23 décembre. Ils m’ont apporté un bébé d’environ deux mois et, le 31 décembre, son frère de 6 ans est arrivé», raconte-t-elle. Un petit dernier s’est ajouté en 2016. Il avait trois ans.

Nathalie, entourée de ses dix enfants. Ces derniers l’appellent tous maman, dit la dame de la région de Québec.
Photo Jean-François Desgagnés
Nathalie, entourée de ses dix enfants. Ces derniers l’appellent tous maman, dit la dame de la région de Québec.

Aucune différence

Ils sont encore tous sous son aile. Les termes «biologique» et «d’accueil» ne font aucune différence. «Ils m’appellent tous maman», dit-elle, enchantée.

Elle a laissé son emploi pour s’occuper des petits. «C’était juste normal. Je ne voulais pas manquer les premiers pas, les premiers mois», lance-t-elle.

Elle reçoit de l’aide quotidiennement, mais elle parvient très bien à garder une vie ordonnée. «Ils savent leur routine, ils ont des petits casiers dans le couloir, ils choisissent leur déjeuner, et leur lunch pour l’école est prêt», explique-t-elle.

Au fil du temps, la mère monoparentale a également accueilli temporairement des petits pour des urgences sociales. Les départs sont toujours très difficiles. « On les aime quand ils sont là et je leur donne ce que je peux pendant qu’ils sont là. Mais il y a des départs où j’ai préféré ne pas être là », confie-t-elle.

Secouée

L’histoire de la petite fille martyre de Granby l’a évidemment secouée, elle qui a passé une partie importante de sa vie à aider des jeunes enfants dans le besoin.

«Je n’étais pas capable de regarder [les nouvelles]. C’est venu me chercher, les miens sont tellement bien», a-t-elle lancé.

Si la DPJ de l’Estrie a été largement critiquée pour sa gestion dans le dossier à Granby, la mère de dix enfants tient à rappeler que plusieurs histoires se terminent bien pour de nombreux enfants pris en charge par la DPJ.

«Je trouve ça important que la DPJ ne soit pas toujours dégradée [...] C’est une responsabilité de société, pas juste celle de la DPJ. Plein de gens auraient pu faire de quoi», fait-elle valoir.


Le Journal n’indique pas le nom de famille de Nathalie afin de protéger l’identité des enfants.