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Bonnardel propose un tramway «par phase»

François Bonnardel suggère de compléter le financement des 800 M$ manquants du fédéral en 2023

Bonnardel propose un tramway «par phase»
Photo courtoisie, Ville de Québec

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Après le « plan B » évoqué jeudi dernier par François Legault, le ministre des Transports, François Bonnardel, propose maintenant de démarrer le projet de tramway « par phases », en allant chercher les 800 M$ fédéraux manquants... dans quatre ans.

« On va fonctionner par phases. Ce qu’on dit à Québec en réalité, c’est : avançons », a résumé M. Bonnardel, sur les ondes de LCN.

Autrement dit, M. Bonnardel suggère à la Ville de Québec d’entreprendre la réalisation du projet de tramway avec la somme de 2,2 G$ qui est déjà sur la table.

Le gouvernement Legault a déjà assuré sa participation à hauteur de 1,8 G$. Une somme fédérale de 400 M$ est aussi disponible dans le volet « transport en commun » d’une entente bilatérale.

Le ministre des Transports se dit même prêt à « déposer, dans les prochaines semaines », un « projet de loi sur le réseau structurant » qui permettra de donner à la Ville de Québec les « pouvoirs » nécessaires pour être maître d’œuvre.

Selon une source bien au fait du dossier, cette pièce législative est déjà rédigée et prête à être déposée.

À défaut d’une adoption rapide d’ici la fin de la session parlementaire, le projet sera officiellement retardé. L’échéancier actuel prévoit le début des travaux en 2022 pour une mise en service en 2026.

Quatre ans

Quant aux 800 M$ qui manquent pour compléter le budget de 3 G$, M. Bonnardel propose d’attendre encore quatre ans, jusqu’à ce qu’il soit possible de revoir la méthode de distribution de l’aide fédérale, qui est basée actuellement sur l’achalandage.

L’entente signée par les gouvernements Couillard et Trudeau en juin 2018 prévoit effectivement la possibilité de « faire des ajustements dans les allocations du volet transport en commun après 5 ans ».

« Quand la clause [d’achalandage] sera levée, dans quatre ans, on va prendre le reste [...] pour être capable de financer le projet, a expliqué M. Bonnardel. [...] C’est une des options qu’on va mettre de l’avant pour boucler le [financement du] réseau structurant. »

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Ottawa et Montréal

Sauf que le texte de l’entente précise aussi que ces ajustements doivent se faire « en accord avec les sociétés de transport en commun affectées », et que « le Canada devra approuver les réaffectations avant qu’elles ne soient ajustées ».

Si le calcul selon l’achalandage tombe, Montréal se verra privée de 800 M$ qui lui revenaient.

Or, « il n’y a pas 3,7 G$ de projets présentement dans la métropole », selon le ministre des Transports. « La mairesse est au fait », a-t-il indiqué.

Réactions du fédéral

Invité à réagir, le ministre fédéral de la Famille, Jean-Yves Duclos, a demandé au gouvernement Legault de respecter « intégralement » l’engagement pris par le gouvernement précédent, soit d’allouer 1,2 G$ de fonds fédéraux dans le projet de la Ville de Québec.

« Si le gouvernement Legault a une nouvelle approche par rapport au financement du tramway de Québec et que ça n’occasionne pas de délai, alors c’est à eux de l’expliquer », a commenté à son tour le député fédéral de Louis-Hébert, Joël Lightbound.

« Ce qu’on souhaite, c’est qu’on ne manque pas une saison de construction », a-t-il ajouté.

De son côté, le cabinet du maire de Québec a choisi d’attendre la confirmation officielle du gouvernement avant de commenter.

– Avec Émilie Bergeron et Stéphanie Martin

La saga du tramway

MARS 2018

Bonnardel propose un tramway «par phase»
Photo d'archives, Didier Debusschère

Philippe Couillard et Régis Labeaume concluent l’entente concernant le projet de réseau structurant de transport en commun.

Le gouvernement du Québec s’engage à débourser 1,8 G$ puis à prioriser le projet auprès du fédéral pour obtenir 1,2 G$.

JUIN 2018

Bonnardel propose un tramway «par phase»
Photo d'archives, Agence QMI

Les gouvernements Trudeau et Couillard concluent l’entente bilatérale intégrée relative au programme d’infrastructure fédéral.

La distribution de l’enveloppe de 5,2 G$ destinée au transport en commun étant basée sur l’achalandage des sociétés de transport, seulement 400 M$ reviennent à la Ville de Québec, laissant la part du lion à Montréal.

OCTOBRE 2018

Bonnardel propose un tramway «par phase»
Photo d'archives, Simon Clark

Arrivée de la Coalition avenir Québec au pouvoir, qui a promis d’effectuer la première pelletée de terre du 3e lien d’ici 2022 et d’appuyer la réalisation du projet de tramway de Québec à condition qu’il y ait une interconnexion avec Lévis et une desserte efficace des banlieues. François Bonnardel devient ministre des Transports.

FÉVRIER 2019

Bonnardel propose un tramway «par phase»
Photo courtoisie Ville de Québe

Québec et Ottawa n’arrivent pas à s’entendre sur la façon de rassembler la contribution fédérale de 1,2 G$ à même les programmes existants. Seulement 400 M$ sont disponibles dans une enveloppe réservée au transport en commun. Il manque donc 800 M$. « Entendez-vous », presse le maire de Québec, Régis Labeaume.

MARS 2019

Québec et Ottawa se renvoient la balle. Le gouvernement fédéral se montre ouvert à revoir la distribution de l’enveloppe de 5,2 G$, mais seulement si Montréal confirme qu’elle n’aura pas besoin des sommes d’ici la fin de l’entente, en 2028. Sans surprise, Montréal refuse.

AVRIL 2019

Bonnardel propose un tramway «par phase»
Photo courtoisie

Le président du Conseil du trésor, Christian Dubé, rencontre la mairesse de Montréal, Valérie Plante, afin de discuter essentiellement du financement du tramway, sans toutefois arriver à trouver une solution.

MAI 2019

Bonnardel propose un tramway «par phase»
Photo d'archives, Simon Clark

François Legault jette un pavé dans la mare : « Si le gouvernement fédéral insiste pour financer seulement 400 M$, bien on va être obligé de regarder pour réduire le coût du projet », dit-il. Quatre jours plus tard, François Bonnardel propose de réaliser le projet « par phases » en attendant jusqu’en 2023 pour compléter la contribution fédérale.