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Game of Thrones: la passion des extrêmes

Game of Thrones: la passion des extrêmes
Photo courtoisie

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Une précision d’abord : vous ne trouverez pas dans cette chronique d’informations privilégiées sur la nouvelle (et dernière) saison de Game of Thrones. Pour une raison simple : je me suis interdit de les voir.

J’attends qu’ils soient tous disponibles pour me les farcir d’un coup. À chacun sa manière de regarder la télé !

Engouement

Trêve de bavardage, posons la question qui s’impose, au terme de cette aventure : comment expliquer cet engouement ? Certains y vont d’une explication simple : la série serait une forme d’orgie meurtrière et sexuelle qui exciterait toutes nos pulsions. Elle accumulerait les rebondissements et ne nous permettrait jamais de nous reposer.

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Je veux bien. En d’autres mots, sur le plan télévisuel, nous sommes devant un succès intégral, qui réinvente le genre. Mais l’essentiel est ailleurs.

Game of Thrones, en fait, est une série à grand déploiement représentant de manière exacerbée les passions humaines les plus fondamentales, celles qui permettent à l’homme de construire des empires, celle qui permettent aussi de les jeter par terre.

Aucun personnage n’est pur. Les plus grands portent une part d’ombre, les plus vils, sauf exception, sont capables de lumière. Et si tous croient servir de grands idéaux, nul ne doute un instant qu’ils sont aussi mus par la quête du pouvoir la plus dévorante qui soit.

Game of Thrones est comme le double inverse du Seigneur des anneaux, de Tolkien où quelques hommes animés par des idéaux d’une grande pureté formaient une communauté et faisaient le serment de sauver le monde. Dans l’univers de Game of Thrones, le monde ne peut pas être sauvé. Il n’y a nulle rédemption.

Ce qui ne veut pas dire qu’il ne vaut pas la peine de se battre. Dans Games of Thrones, même les petits pays qui n’ont pas la prétention de dominer le monde se battent farouchement pour leur indépendance.

On le sait, Game of Thrones se déroule dans une forme de Moyen-Âge fantastique et fantasmé – en fait, la série se déroule dans un âge indéterminé du monde, où il nous est possible de voir une autre image de l’être humain. L’homme moderne est triste, il semble prisonnier d’une existence futile, sans relief, qui l’ennuie. Il semble avoir besoin de se transposer mentalement dans un autre monde pour renouer grâce au génie de la fiction avec certaines dispositions qui lui semblent inaccessibles aujourd’hui.

Romanesque

Chose certaine, Game of Thrones a su réveiller le désir du romanesque. C’est une grande fresque, c’est une épopée, c’est l’univers des extrêmes. C’est un monde voué aux grandes querelles et aux grandes ambitions et non aux petites entreprises d’introspection.

Et comme toutes les grandes aventures en ce genre, elles donnent envie à ceux qui s’y plongent de réfléchir, et de transformer cette histoire en prétexte pour examiner et retourner les questions que l’homme ne cesse de se poser ! Game of Thrones nous ouvre ainsi à la possibilité de la philosophie !