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Le manque de culture de la CAQ

Quand la cassette sonne comme un disque collé

La ministre de la Culture et des Communications lors du Gala Artis 2019
Twitter @NathalieRoyCaq La ministre de la Culture et des Communications lors du Gala Artis 2019

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Depuis sa nomination à titre de ministre de la Culture et de Communications, Nathalie Roy ne cesse de faire couler l’encre et la salive pour les mauvaises raisons.  

Réponses préfabriquées, absence de contenu, répétitions dépourvues de sens, tout porte à croire que la ministre ne comprend absolument rien à ses dossiers et qu’elle n’est même pas capable construire une réponse cohérente pour écouler les minutes qui lui sont accordées pendant la période de questions et réponses orales. 

Une ministre de galas 

Bien entendu, le portefeuille de la culture en est un qui plaît à celles et ceux qui aiment frayer avec les vedettes québécoises. La ministre a passé la majeure partie de sa carrière devant les caméras, à titre de journaliste puis de lectrice de nouvelles. Se retrouver à nouveau dans l’œil du public doit lui faire le plus grand plaisir.  

Mais le rôle de ministre de la Culture et des Communications est beaucoup plus important que ça.  

Défendre les dossiers culturels et linguistiques du Québec, la province la plus distincte de la fédération, le bastion de la résistance du français en Amérique, ne saurait se résumer à porter de jolies robes en souriant béatement. 

C’est vrai, on ne s’attend pas nécessairement à ce qu’une personnalité du petit écran soit une intellectuelle douée d’une culture générale encyclopédique, mais la ministre devrait au minimum impressionner par sa verve et sa connaissance des dossiers, après tout, elle est avocate !  

Mais non. Force est d’admettre que sa vis à vis libérale avait raison quand elle parlait du «vide abyssal» de la CAQ en matière de culture.   

Quand la cassette sonne comme un disque collé 

On reproche souvent aux politiciens de sortir leur «cassette» quand vient le temps de répondre aux médias ou aux oppositions à l’Assemble nationale. Dans le cas de la ministre Roy, on devrait surtout parler d’un disque qui saute. 

Chaque question semble une surprise telle qu’elle ne trouve aucune autre solution que de réitérer qu’elle sera toujours là pour défendre les dossiers culturels du Québec. Quelques exemples? 

En février dernier, elle affirmait déjà se battre pour les créateurs, mais sa tirade est tombée à plat quand elle a mêlé Internet et confédération.   

Lors de l’étude des crédits de son ministère, le 29 avril dernier, incapable d’expliquer pourquoi elle n’avait pas jugé opportun de présenter un mémoire au CRTC dans le cadre de la révision des lois sur la radiodiffusion et la télédiffusion, la ministre se rejette sur son boniment bien appris: «Je serai toujours là, pour défendre les intérêts de nos créateurs...», et se bute à dire qu’elle discute souvent avec son homologue fédéral. Comme on le sait tous, les écrits restent et les paroles s’envolent... 

En période de questions, le 9 mai dernier, la ministre commençait sa réponse avec la même phrase creuse :  

«Oui. Je vous remercie beaucoup, M. le Président. Sachez, M. le Président, que je serai toujours là pour défendre le milieu de la culture au Québec. C'est mon rôle, je le fais. Je le fais chaque jour. Je l'ai fait dès mon entrée en fonction, qui a été le 18 octobre dernier. » 

Les critiques ne viennent évidemment pas que des oppositions, les médias commencent également à faire la remarque. À ce sujet, dans sa chronique matinale du 7 mai dernier sur les ondes de Radio-Canada , Patrice Bergeron y allait d’une dénonciation en règle du manque flagrant de contenu de la part de la ministre.  

Pendant ce temps, les acteurs du milieu, notamment le Conseil québécois du théâtre, multiplient les dénonciations du manque d’action de la ministre, notamment ici et ici .  

Comble de malheur, la directrice de cabinet de la ministre de la Culture vient de quitter son poste dans des circonstances pour le moins nébuleuses.   

Est-ce que la ministre nous réservera de nouvelles versions de sa cassette cassée dans les prochaines semaines, ou est-ce qu’enfin, elle finira par se mettre à l’ouvrage pour offrir au milieu culturel le soutien dont il a si cruellement besoin?