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Sois gentil, ou pas de nanane!

Alyssa Milano
Photo d’archives, WENN.com Alyssa Milano

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Comme vous le savez, certains États américains ont commencé à restreindre l’accès à l’avortement.

C’est le cas de la Géorgie, qui interdit maintenant l’avortement une fois que le cœur du fœtus commence à battre — c’est-à-dire, grosso modo, dès la sixième semaine de grossesse.

Tu as six semaines pour avorter.

Ensuite, c’est le droit de l’enfant que tu portes dans ton ventre qui prime.

LE DEVOIR CONJUGAL

Afin de protester contre ces lois qu’elles jugent rétrogrades, certaines femmes — comme la comédienne Alyssa Milano — ont lancé un appel à la grève du sexe.

« Vous nous redonnez le contrôle sur nos corps ou nous fermons le robinet du sexe. »

On se croirait de retour dans les années 1950.

« Tu n’es pas gentil avec maman ? Alors maman ne te donnera pas ton nanane... »

Sophie et Richard ne sont pas bons aux fourneaux, mais ils savent cuisiner leurs invités! Invitez-vous à la table de Devine qui vient souper? une série balado originale.

Comme si les femmes n’aimaient pas faire l’amour ! Comme si c’était un devoir conjugal, comme si elles faisaient ça juste pour faire plaisir à leur homme !

Comme si le vagin était un instrument de contrôle servant à punir ou à récompenser les hommes !

« Si tu ne m’achètes pas de manteau de fourrure, je vais garder les cuisses serrées pour les quatre prochains mois ! » Comme l’a écrit Marlène Schiappa, la secrétaire d’État chargée de l’égalité hommes-femmes en France : « Le sexe n’est pas un service à rendre à quelqu’un. Faire la grève du sexe en réaction aux régressions du droit à l’avortement, c’est nous priver nous-mêmes, nous punir nous-mêmes une deuxième fois.

« Il est temps de considérer que les femmes ont aussi droit à une sexualité libre et épanouie et de cesser d’envisager la sexualité des femmes comme quelque chose qui aurait pour but d’être agréable pour... les hommes ! »

Et puis, pourquoi vouloir « punir » les hommes ? Tous les hommes sont responsables des politiques pro-vie ? Il n’y a pas d’homme pro-choix ?

CACHEZ CE SEIN !

C’est peut-être parce que je vieillis, mais je regarde certaines féministes aller, depuis quelque temps, et je ne comprends plus rien.

Dans les années 1960, les féministes luttaient pour avoir une sexualité libre et épanouie. Le droit de ne pas porter de soutien-gorge, de se promener en bikini sans se faire juger.

Aujourd’hui, de nombreuses féministes de gauche luttent pour le droit de porter la burqa !

Allo ?

Les femmes voulaient montrer leur corps. Elles veulent maintenant le soustraire au regard concupiscent des hommes !

Que s’est-il passé, grands dieux ?

Les féministes savent-elles qu’en disant : « Les femmes doivent cacher leur corps et faire preuve de pudeur dans leur tenue vestimentaire », elles renouent avec l’époque où l’on séparait les femmes en deux groupes : les pures et les impures ?

Les bonnes mamans et les sales putains ?

Les femmes respectables et les traînées, que les hommes pouvaient peloter à leur guise ?

LES PURITAINES

La papesse du féminisme, Simone de Beauvoir, s’est battue toute sa vie pour que les femmes puissent jouir librement.

Trente-trois ans après sa mort, on assiste maintenant à une montée d’un féminisme puritain, qui encourage les femmes à se voiler et à se serrer les cuisses.

Tout un progrès !