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Coup de poing au visage: un agent correctionnel acquitté de voies de fait sur un détenu

GEN - PIERRE KHOURY
Photo Martin Alarie Le procès de l’agent correctionnel Pierre Khoury aura duré moins d’une journée, au palais de justice de Saint-Jérôme, mercredi.

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Un agent correctionnel de la prison de Saint-Jérôme accusé d’avoir frappé un détenu au visage a été acquitté en plein procès, mercredi.

Pierre Khoury n’a pas eu besoin de faire valoir ses arguments pour convaincre le juge Frédéric Bénard qu’il n’avait pas commis des voies de fait à l’égard d’un détenu. 

Le procès de l’homme de 32 ans a débuté mercredi matin au palais de justice de Saint-Jérôme avec le témoignage de la chef d’équipe Nathalie Dufour, et s’est conclu par un acquittement en début d’après-midi. 

Le second témoin de la Couronne, représentée par Me Caroline Buist, était le détenu qui alléguait avoir été battu « à coups de caps d’acier » par l’agent de la paix du centre de détention de Saint-Jérôme. 

L’homme — qui n’est plus incarcéré — a donné sa version des faits dans un récit décousu et imprécis, contenant de nombreuses divergences avec le témoignage de l’agente correctionnelle Dufour. 

L’ex-détenu a affirmé qu’il n’était « pas souvent tannant », qu’il n’avait jamais lancé d’urine ou de nourriture en direction des gardiens, qu’il écoutait toujours les consignes et qu’il n’avait pas d’animosité envers l’accusé. 

Excréments répandus

L’agente Dufour l’avait quant à elle décrit comme un détenu problématique, qui a partagé sa sentence entre la réclusion — communément appelée le trou — et l’infirmerie, en raison d’un comportement hors normes. 

L’homme, dont nous taisons l’identité sur ordre de la cour, se désorganisait au moindre refus et répandait ses excréments partout dans sa cellule, a noté la témoin. 

Lorsque cela survenait, il était amené dans la douche pour nettoyer les dégâts. 

C’est ce qui se serait produit le 28 août 2018. 

« J’ai mis des excréments au plafond. J’ai fessé dans la vitre [avec un téléphone, qui s’est brisé]. J’ai pitché le bout du téléphone dans la toilette et j’ai voulu faire un dégât d’eau [en l’obstruant]. J’ai pas réfléchi tellement », a avoué l’homme. 

Pierre Khoury et au moins un autre agent seraient par la suite entrés dans la pièce pour immobiliser le détenu, qui aurait été aspergé de poivre de Cayenne. 

L’agente Dufour a mentionné qu’à son arrivée sur les lieux de l’intervention, le détenu avait agrippé l’agent Khoury, qui tentait de se dégager. 

« Il disait “lâche mon bras” et il a porté deux coups tactiques [avec son bras gauche] pour faire cesser l’action », a-t-elle expliqué. 

Au terme du récit du plaignant, la Couronne a suggéré au juge d’ordonner l’acquittement. 

Khoury, qui était représenté par Me Nadine Touma, s’est dit satisfait de la décision, mercredi. 

Syndicat satisfait

« L’intervention était justifiée, dans le cadre de l’emploi de la force », a commenté le président du syndicat des agents correctionnels Mathieu Lavoie, après l’audience. 

« C’est rendu que les agents n’osent plus intervenir, car ils ne savent pas si la personne incarcérée ou encore l’employeur va porter plainte. On laisse le contrôle aux personnes incarcérées. Il va falloir donner un sérieux coup de barre aux services correctionnels », a-t-il ajouté.