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C’est moins facile de s’envoler vers les «destinations cachées»

C’est moins facile de s’envoler vers les «destinations cachées»
Illustration Adobe Stock

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Vous connaissez les destinations cachées ? Le concept est simple, vous réservez un vol à faible coût vers une ville bidon avec une escale dans un endroit que vous souhaitez réellement visiter. Puis, vous faites faux bond au transporteur pour le dernier vol et demeurez à votre escale.

La pratique est connue depuis longtemps.

Toutefois, sa popularité croissante a récemment poussé Lufthansa à poursuivre un voyageur ayant réservé un aller-retour Oslo — Seattle avec une escale à Frankfurt au retour.

Escale à partir de laquelle il a préféré se payer un autre vol vers Berlin, à la place. La poursuite, écartée depuis par la cour berlinoise, menaçait le voyageur de payer plus de 2000 $ à Lufthansa.

Moins cher de voyager ?

Vous vous demandez peut-être pourquoi un plus long vol serait moins coûteux. En fait, depuis 1978, les transporteurs ont cessé d’établir leurs tarifs sur la distance à parcourir pour se baser plutôt sur des prédictions de l’offre et de la demande.

Le tout additionné d’une multitude d’autres facteurs, comme la popularité d’un vol. Voilà pourquoi il est parfois plus coûteux de quitter Montréal pour les Îles-de-la-Madeleine que pour Paris...

Comme les voyageurs préfèrent les vols directs, on leur offre aussi parfois un rabais pour accepter une escale, et ainsi contribuer à rentabiliser deux vols qui, autrement, ne seraient pas au maximum de leur capacité.

Avouons que la pratique rend farfelu l’argument des transporteurs selon lequel le passager qui est parti à mi-parcours a empêché la vente du siège laissé inoccupé...

Les pièges à éviter

Si le concept semble alléchant, il n’est pas sans désagréments. Pour utiliser une destination cachée, il vous faut voyager léger. Toute valise enregistrée se rendra directement à votre destination finale, avec ou sans vous, et cela inclut le bagage de cabine qu’on vous force à mettre en soute au dernier moment.

Que ce soit par surréservation ou pour cause de météo, le transporteur se réserve généralement le droit de modifier votre itinéraire de vol.

Si vous payez pour vous rendre de Montréal à Venise, votre escale à Toronto n’est donc pas une garantie (surtout que plusieurs s’en passeraient probablement !).

Tout cela sans compter les pénalités que peuvent imposer les transporteurs, car si l’astuce n’est pas illégale, elle contrevient en effet aux contrats de service de plusieurs compagnies aériennes.

Ces dernières risquent donc de ne pas vous verser les miles normalement engendrés par votre voyage, de vous bannir de leur programme de récompenses, d’annuler votre vol de retour, ou même d’intenter une poursuite. À vous d’évaluer si le risque en vaut la chandelle.

Conséquences directes

Pensez aussi que votre absence prive peut-être un autre voyageur d’un siège qui aurait pu l’intéresser.

Il retardera aussi forcément le vol qui attendra votre arrivée, et pourrait faire rater leur connexion à certains voyageurs une fois ce vol à destination.

Bien que le système est difficile à justifier, il n’est peut-être pas recommandé de l’utiliser.

Conseils

  • Les conséquences mentionnées ne vous rebutent pas assez pour tourner le dos à des vacances abordables ? L’idée stimule-t-elle votre côté aventurier ? Et bien, sachez que le site Web Skiplagged (lui-même poursuivi sans succès par American Airlines et Orbitz en 2015) vous aide à trouver ces failles.
  • Plusieurs blogues spécialisés recommandent également d’éviter de mentionner votre programme de grand voyageur au moment de réserver (et d’éviter d’utiliser une carte de crédit liée à celui-ci pour payer). Il est aussi suggéré d’utiliser un transporteur différent au retour si votre passe-passe se fait à l’allée. Si vous êtes bon acteur, vous pouvez aussi feindre d’avoir raté votre connexion de bonne foi, et trouver un motif pour demeurer à mi-chemin...