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Crise des opioïdes: Demande de recours collectif de 1,1 milliard $ contre des pharmaceutiques

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TORONTO – Une demande d'action collective réclamant 1,1 milliard $ à 28 entreprises pharmaceutiques pour le rôle qu'elles auraient joué dans la crise des opioïdes, responsable de milliers de morts au pays ces dernières années, a été déposée devant la Cour supérieure de l'Ontario mercredi.

Selon le cabinet d'avocat torontois Koskie Minsky LLP, les 28 entreprises visées ont entamé une campagne de promotion des opioïdes durant les années 1990 pour soulager divers maux chroniques, ce qui a amené de plus en plus de patients à se voir prescrire des médicaments comme la codéine, l'oxycodone et le fentanyl.

Or, selon la demande de recours, les fabricants de ces produits savaient qu'ils avaient en réalité un effet limité pour aider les patients et, surtout, que le risque d'en devenir dépendant est élevé.

Du 1er janvier 2016 au 30 septembre 2018, plus de 10 300 personnes ont perdu la vie en raison d'une surdose de drogue au pays. En 2018, 73 % des victimes avait consommé du fentanyl, un opioïde synthétique 100 fois plus puissant que l'héroïne, montrent les plus récentes données de l'Agence de la santé publique du Canada.

La firme d'avocats Koskie Minsky LLP estime que les entreprises pharmaceutiques ont une part du blâme à prendre dans cette crise puisqu'elles auraient notamment fait preuve de négligence dans leur recherche, développement, production et commercialisation des opioïdes.

«Un petit groupe d'entreprises pharmaceutiques ont fait des profits obscènes grâce à cette épidémie. Elles devraient être tenues responsables pour leur négligence, pas seulement pour avoir fabriqué ces produits, mais pour avoir fabriqué cette crise», a dénoncé l'avocat responsable du recours, Kirk M. Baert, par communiqué.

Crise des opioïdes: Chute du nombre de surdoses mortelles en Colombie-Britannique

Pour la première fois depuis le début de la crise des opioïdes, le nombre de personnes ayant perdu la vie à la suite d'une surdose de drogue a grandement chuté en Colombie-Britannique.

Le bureau du coroner de la province a dévoilé, mercredi, que le nombre de décès mensuel a chuté de 32 % pour les trois premiers mois de l'année, comparativement à la même période en 2018.

Ainsi, 268 personnes ont perdu la vie à la suite d'une surdose en janvier, février et mars, soit 89 par mois, contre 395 morts pendant la même période l'an dernier, ou 132 par mois.

Depuis 2012, le nombre de décès par surdose, alimenté par la popularité du fentanyl, a connu une croissance fulgurante et ininterrompue, passant de 270 décès à 1514 victimes en 2018.

Le fentanyl demeure d'ailleurs le pire fléau des utilisateurs de drogues de la province. Sur les 104 décès recensés en mars 2018, 82 ont été liés à la consommation de cet opioïde synthétique, avec ou sans d'autres drogues. Il faut dire que du fentanyl est fréquemment mélangé à d'autres drogues, comme la cocaïne et l'héroïne, par les fournisseurs de drogues.

Par ailleurs, du carfentanil a été détecté lors de 64 décès depuis le début de l'année, soit près du double de l'année précédente. Cet opioïde synthétique est considéré comme étant 100 fois plus puissant que le fentanyl et 10 000 fois plus puissant que la morphine.