/sports/opinion/columnists
Navigation

Dame Nature a tout gâché

La saison de pêche se fait tirer l’oreille, mais madame la truite ne perd rien pour attendre. Les pêcheurs sont impatients de la déjouer.
Photo Julien Cabana La saison de pêche se fait tirer l’oreille, mais madame la truite ne perd rien pour attendre. Les pêcheurs sont impatients de la déjouer.

Coup d'oeil sur cet article

Après avoir ravivé l’espoir en offrant des températures plus clémentes, dame Nature a décidé de rebrousser chemin en ramenant du gel lors de certaines nuits. Cela fait en sorte que les conditions pour l’ouverture de la saison de pêche à bien des endroits sont extrêmement difficiles.

« C’est très simple, au lieu d’ouvrir comme à l’habitude, nous avons passé nos journées à faire des annulations », a expliqué Réal Massé de la pourvoirie Au pays de Réal Massé.

« Les glaces ne devraient pas disparaître avant demain, si l’on se fie aux signes naturels que j’ai observés depuis de nombreuses années sur le territoire de la pourvoirie, ajoute-t-il. Depuis les 25 ans, j’ai remarqué que les glaces disparaissent dix jours après que nous avons vu les premières traces d’orignaux sur les chemins de la pourvoirie. Les premières ont été vues le 6. En attendant, nous devons décevoir beaucoup de pêcheurs et encaisser des pertes de revenus importantes. »

Les directeurs de réserves ont perdu leur optimisme des derniers temps.

Ainsi, pour la réserve de Saint-Maurice, le directeur Francis Desjardins devait jongler pour essayer d’offrir de la pêche à certains groupes à l’ouverture (10 mai), mais certains n’ont pas vécu leur excursion prévue.

Même chose du côté de la réserve de Mastigouche, alors que la crue de la rivière du Loup coupait carrément l’accès à la moitié du territoire.

« Depuis que je suis ici, je n’ai jamais vu cela, deux crues de suite avec cette rivière. Il y a l’eau, mais aussi le temps froid, qui font en sorte que plusieurs lacs ne sont pas calés à leur date habituelle. Très honnêtement, c’est une ouverture très difficile que nous vivons cette saison », a précisé le directeur Éric Harnois.

Laurentides et Portneuf

Du côté de la réserve des Laurentides, qui doit accueillir normalement ses premiers pêcheurs ce vendredi, le directeur Sylvain Boucher espérait que la nature allait collaborer.

« Au moment où je vous parle, il reste encore deux pieds de neige au sol un peu partout, a indiqué M. Boucher. La glace occupe aussi la surface de plusieurs lacs qui ne caleront pas avant plusieurs jours. Pour la partie basse de la réserve, qui doit ouvrir vendredi, nous espérons toujours que dame Nature va nous donner un coup de pouce. Pour la pêche sur les plateaux, qui doit ouvrir le 23, je ne veux pas me prononcer encore. Il faudra que les conditions changent assez rapidement. »

La réserve faunique de Portneuf s’en tire mieux.

« Nous avons réussi à ouvrir à temps et à offrir de la pêche en fin de semaine dernière comme prévu, a lancé le directeur Mathieu Caron. Certains lacs ont calé en début de semaine, permettant ainsi d’ouvrir officiellement, mais ce fut juste. »

En territoire libre

À certains endroits, les gens font parfois de mauvaises découvertes. C’est le cas dans la MRC de Maria-Chapdelaine au nord de Saint-Félicien, alors que le chemin forestier principal R0-202 de Saint-Thomas-Didyme a été coupé au kilomètre 66, en raison de la crue printanière. Au cours des prochains jours, les autorités du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs vont tout faire pour ramener la situation à la normale.

Nul doute qu’un peu partout, les routes vont être difficiles. Dans certains cas, l’utilisation d’une camionnette sera la seule façon de circuler. Avant de partir en excursion, prenez bien soin de vous informer de l’état de la situation.

Caribous forestiers et montagnards

Le ministre des Forêts, de la Faune et des Parcs, M. Pierre Dufour, a officiellement lancé sa tournée de consultation sur la protection des caribous montagnards et forestiers. Le ministre a rencontré différents intervenants à Québec vendredi dernier, pour leur faire part de son intention d’élaborer la stratégie globale qui doit être disponible pour 2022. « J’ai bien expliqué à tous les intervenants qu’il va falloir que chacun fasse des concessions pour assurer la protection de ces populations, tout en s’assurant que les activités économiques sur les territoires concernés peuvent se poursuivre. Il faut que tout le monde, les forestiers, les pourvoiries, les mines, les nations autochtones, y trouve son compte. Nous devons travailler ensemble pour trouver des pistes de solution », a-t-il avancé. Lundi, le ministre était à Sainte-Anne-des-Monts. Par la suite, il sera à Baie-Comeau le 17 mai, à La Malbaie le 3 juin, à Val-d’Or le 10 juin, à Roberval le 17 juin et à Chibougamau le 18 juin.

Visitez qub.radio pour ne rien manquer de notre programmation quotidienne et de nos baladodiffusions