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Des organismes œuvrant en santé mentale saluent la sortie du juge Clément Gascon

Des organismes œuvrant en santé mentale saluent la sortie du juge Clément Gascon
Photo d'archives, Reuters

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MONTRÉAL – La sortie publique du juge de la Cour suprême Clément Gascon à propos de ses troubles d’anxiété et de dépression n’est pas passée inaperçue auprès d’organismes œuvrant en santé mentale.

Le directeur général de l’organisme Revivre, Jean-Rémy Provost, a dit avoir été ému par les paroles du magistrat. Il a même remercié le juge Gascon d’avoir parlé ouvertement de la chose, mardi, quand il a voulu expliquer pourquoi, le 8 mai dernier, il avait disparu pendant plusieurs heures, faisant même l’objet d’un communiqué de la police d’Ottawa qui rapportait sa disparition.

Le juge Gascon, 59 ans, doit quitter le plus haut tribunal du pays le 15 septembre prochain et il a récemment changé de médication, deux facteurs qui ont pu contribuer aux événements du 8 mai.

«Dans le contexte de l’annonce récente d’une décision de carrière difficile et déchirante et d’un changement parallèle de médication, j’ai eu un comportement inédit et inhabituel», a-t-il relaté, par communiqué mardi.

«Depuis plus d’une vingtaine d’années, je conjugue avec une maladie parfois sournoise, la dépression et les troubles de l’anxiété», a ajouté le juge.

Ce geste a depuis été salué. «C’est très louable ce qu’il a fait», a dit M. Provost, dont l’organisme met de l’avant un programme de soutien à l’autogestion de l’anxiété, de la dépression et de la bipolarité.

«Si j’avais à parler au juge Gascon, je lui dirais "merci". [...] On veut démystifier les maladies mentales et la meilleure façon d’y parvenir, c’est quand des personnalités connues et, qui plus est, des gens œuvrant au sein des plus hautes instances en parlent. Ça a un impact automatique chez les gens qui hésitent à aller chercher de l’aide et à en parler», a-t-il poursuivi en entrevue avec l’Agence QMI, mercredi.

Renée Ouimet, du Mouvement santé mentale Québec, abonde dans le même sens en rappelant que le soutien social est capital.

«Personne n’est à l’abri, c’est ce que montre [la sortie du juge Gascon]. Quand on sent des difficultés nous rattraper, c’est important de pouvoir en parler, de s’entourer. Toute personne qui ose dire à haute voix qu’elle vit avec un problème de santé mentale, c’est sûr que ça change les regards en général, ça peut arriver à un juge, à un comédien, à un jeune, à une mère de famille.»

Selon M. Provost, les maladies mentales en général demeurent taboues, même en 2019. «Il y a eu des pas de géants dans les dernières années, mais encore trop de gens souffrent en silence et il ne faut pas oublier l’impact chez les proches», a-t-il dit.

«La sortie du juge Gascon est très symbolique, car on parle de quelqu’un qui a une grande crédibilité, quelqu’un qui a une notoriété. C’est un message d’espoir, ça dit qu’on peut s’en sortir et qu’il y a des moyens de vivre au quotidien tout en vivant avec la dépression», a ajouté M. Provost.

La présidente du conseil d'administration de l'organisme Phobies-Zéro, Valérie Royle, croit elle aussi que plus de gens connus doivent parler publiquement d’anxiété. «Ça en prendrait plus, car ce n’est pas très sexy les troubles anxieux et certains associent encore ça à des gens plus faibles et qui ne sont pas capables de gérer leur stress, mais c’est très au-delà de ça. Si on voit quelqu’un qui a réussi et, par moment, que c’est plus difficile pour lui, qu’il est capable de s’en remettre, ça donne de l’espoir aux gens», a-t-elle dit.

Le Mouvement santé mentale Québec cherche à intervenir en amont pour outiller les gens à prendre soin de leur santé mentale.

«On sait que toute personne qui vit avec de l’anxiété généralisée peut trouver des stratégies pour être mieux. Elle va développer des alternatives, comme méditer, faire de l'exercice ou faire partie de groupes d’échange», a dit Renée Ouimet.