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Et ça continue

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Pour la nième fois, Québec mènera une campagne pour inciter les travailleurs de plus de 60 ans à demeurer au travail ou à y revenir afin d’alléger les problèmes de recrutement des entreprises.

Le souhait du ministre du Travail répond à la logique économique, mais sera-t-il mieux que toutes les campagnes précédentes qui se sont avérées sans grand effet ?

Dialogue de sourds

La pénurie ou la rareté de main-d’œuvre constitue depuis deux décennies une préoccupation constante pour les organismes reliés au monde du travail. On se souviendra du choc ou déficit démographique brandi par le PLQ de Jean Charest pour justifier sa réingénierie de l’État.

Bien que patrons et syndicats reconnaissent l’importance de la problématique et la nécessité de s’y attaquer, les consensus demeuraient minimaux sur les actions. Pendant que les patrons penchaient pour relever l’âge d’accessibilité à la retraite, les syndicats plaidaient pour rendre le travail plus intéressant.

Les associations patronales saluent ces initiatives gouvernementales pour maintenir à l’emploi la main-d’œuvre plus âgée, dans la mesure où les incitatifs sont aux frais de l’État, et indirectement aux frais des travailleurs.

Quant aux associations syndicales, elles privilégient une amélioration des conditions de travail pour tous. Meilleur salaire, meilleur régime de retraite, meilleure conciliation travail-famille, entre autres, figurent au palmarès des conditions gagnantes pour le maintien en emploi.

Nouvelle ère

À ma grande et agréable surprise, le ministre Boulet a affirmé en conférence de presse que les entreprises devraient être plus accommodantes avec les travailleurs si elles souhaitaient les attirer et les garder à leur emploi. Il laisse même entendre que c’est le travailleur qui choisit l’entreprise, plutôt que l’entreprise qui sélectionne son employé.

Tout un changement de paradigme du côté gouvernemental !

Cette nouvelle posture générera peut-être le succès pour la campagne du ministre. C’est toutefois l’avenir qui nous dira s’il faut rire ou pleurer des résultats !