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«La Formule Électrique? Jamais!»

Le modèle d’affaires n’était pas viable à l’époque et ne l’est pas plus aujourd’hui, soutient François Dumontier

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Photo Chantal Poirier Le patron de la F1, Chase Carey, et le promoteur du Grand Prix du Canada, François Dumontier, ont inauguré mercredi les nouvelles installations au circuit Gilles-Villeneuve.

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La mise en place des nouvelles installations au circuit Gilles-Villeneuve pourrait-elle inciter François Dumontier à organiser un autre week-end de courses automobiles au cours des prochaines années ?

C’est déjà arrivé il y a quelques années avec la visite des bolides de la série Nationwide en NASCAR. Avec plus ou moins de succès aux guichets.

L’aventure, amorcée en 2007, s’est terminée cinq ans plus tard.

Et pourquoi pas la Formule électrique ?

Le promoteur du Grand Prix du Canada a révélé mercredi au Journal qu’il avait été approché à l’époque pour la présentation d’une épreuve de Formule électrique (FE) au circuit Gilles-Villeneuve.

« Nous avons eu des discussions avec le fondateur de la FE, Alejandro Agag lors de la saison inaugurale, en 2013-2014, a raconté Dumontier.

« La démarche consistait à utiliser une partie du circuit, a-t-il poursuivi, car on savait qu’on ne pouvait faire rouler les voitures sur toute la longueur du tracé en raison de l’autonomie limitée des batteries. C’est vrai qu’on avait les infrastructures, les garages, les murets de protection, etc. pour l’organiser. Mais après analyse du contrat, on perdait 13 à 14 millions de dollars. Alors on s’est retiré du projet. »

C’est plutôt l’administration municipale précédente, dirigée par l’ex-maire Denis Coderre, qui s’est emparée du dossier en faisant appel à l’entreprise de promotion evenko. On connaît la suite...

Une course et puis... s’en va

Selon Dumontier, la FE n’offre rien de bien captivant aux amateurs de courses et à l’ensemble de la population.

« Quand je regarde le championnat en général, de renchérir Dumontier, ce n’est pas une série intéressante. Très souvent, des villes ont organisé une course une fois et se sont désistées dès l’année suivante. »

On pourrait notamment citer le cas de Miami, où la présence des FE n’a pas soulevé les passions, comme à Montréal quelques années plus tard.

« Il y a beaucoup d’instabilité en Formule E, d’enchaîner Dumontier. Je pense que les constructeurs automobiles quittent d’autres séries, dont le Championnat du monde d’endurance et la série allemande de voitures de tourisme (DTM), pour avoir bonne conscience. C’est une formule... marketing, et rien d’autre. »

Mercedes, pour sa part, fera son entrée en FE la saison prochaine après avoir justement abandonné le DTM.

« Donc, ma réponse est non, affirme Dumontier. La Formule électrique ? Jamais ! Ce n’était pas viable à l’époque et ce ne l’est pas plus aujourd’hui. »

« Une belle relation »

Aux prises avec une dette énorme et une poursuite de la direction de la FE pour rupture de contrat, Montréal pourrait-elle régler le dossier à l’amiable en organisant une course au circuit Gilles-Villeneuve, comme les plans initiaux l’avaient suggéré ?

Les dirigeants de la FE ont indiqué tout récemment que la tenue de courses dans les centres-villes n’est plus une priorité.

« Si la mairesse Valérie Plante m’approche pour discuter, de répondre Dumontier, c’est sûr que je vais accepter de m’asseoir avec elle.

« On a une belle relation, a-t-il conclu, mais de prime abord, ce n’est pas un projet qui m’intéresse. »

« Donnons crédit à Mercedes » – Chase Carey, patron de la F1

Les dirigeants de la F1 ont beau avoir instauré de nouveaux règlements en 2019 pour favoriser les dépassements et pour raviver le spectacle sur la piste, l’écurie Mercedes en a décidé autrement encore cette année.

Les deux pilotes des Flèches d’Argent se sont livré «un cavalier seul» depuis le début de la saison avec cinq doublés en autant de courses. Du jamais-vu en F1.

Présent à Montréal pour l’inauguration des nouveaux garages au circuit Gilles-Villeneuve, Chase Carey reconnaît que l’équipe allemande se moque de la concurrence.

« Donnons crédit à Mercedes, a insinué le patron de la F1. Ce n’est quand même pas de sa faute si elle fait mal paraître ses adversaires. »

Monaco, l’exception

La bonne nouvelle pour la F1, c’est que la prochaine escale aura lieu dans les rues de Monaco. Cette épreuve hors norme est probablement la seule du calendrier où la hiérarchie peut être bousculée.

À Barcelone, la voiture de sécurité est venue regrouper les bolides au 45e tour à la suite de l’accident impliquant le Québécois Lance Stroll.

Si les deux pilotes de l’écurie Mercedes ont pu reprendre leur rythme de croisière quand l’épreuve a été relancée, les débats se sont animés en milieu de peloton.

L’exemple du NASCAR

En mal de spectacle aussi, le NASCAR a revu le fonctionnement de ses courses en les divisant en segments.

La F1 serait-elle tentée de faire la même chose ?

« Nous n’en sommes pas rendus là, répond Carey. Mais on est toujours à la recherche de solutions pour rendre nos courses plus palpitantes. »