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Power Corporation ne fournira plus de bureau

Plus de réunions sénatoriales à son siège social

Sénateur  André Pratte
Photo d'archives, Ben Pelosse André Pratte, Sénateur

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TORONTO | Power Corporation ne permettra plus au sénateur André Pratte ni à aucun autre parlementaire de tenir des réunions à ses bureaux.

« Les apparences ne devraient pas être ce qu’elles sont, donc nous avons réfléchi à ça pour faire en sorte que les apparences soient de la plus haute intégrité », a déclaré hier Paul Desmarais Jr à l’assemblée des actionnaires du conglomérat.

À la suite du reportage de notre Bureau d’enquête, en mars, le conseiller en éthique du Sénat a déterminé que M. Pratte s’était placé en situation d’apparence de conflit d’intérêts pour avoir utilisé son bureau de Power Corporation (PCC) dans ses fonctions politiques.

Il a travaillé comme sénateur et employé de la multinationale de 2016 à 2018.

Il doit dire non

À la suite de ce blâme, M. Pratte avait présenté ses excuses à la population ainsi qu’à ses collègues sénateurs.

D’ailleurs, son poste à Power Corporation a déjà placé le sénateur Pratte dans des situations délicates.

Il a reconnu à notre Bureau d’enquête qu’il avait dû refuser de parler à des lobbyistes en raison de son double emploi, au cours des dernières années.

Par exemple, en novembre 2017, il a été sollicité pour une rencontre par son ex-collègue de La Presse, le député Vincent Marissal, qui œuvrait alors comme conseiller chez TACT Intelligence-conseil. M. Marissal voulait discuter de l’avenir de la presse écrite et avait comme client la Fédération nationale des communications (FNC).

M. Pratte a décliné la rencontre en raison de ses liens avec Power, nous a confirmé la FNC.

Limité par son emploi

À au moins une autre reprise, le sénateur Pratte a dû se restreindre dans ses communications avec des lobbyistes défendant des intérêts communs à ceux de PCC.

Il nous a confirmé avoir refusé de rencontrer une association du domaine de l’assurance, puisque Power y est active.

Il a aussi refusé de faire des démarches pour l’Association des compagnies d’assurances de personnes au sujet d’un projet fédéral d’assurance médicaments.

« Je maintiens que j’ai soigneusement évité de me mêler de quelque dossier que ce soit relié aux intérêts de PCC », nous a-t-il indiqué par courriel.