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Monia Chokri passe le test au Festival de Cannes

«La femme de mon frère» est accueilli par de longues minutes d’applaudissements

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CANNES | Une grande salle pleine à craquer, des rires à profusion et une projection qui s’est soldée par de longues minutes d’applaudissements bien nourris : la réalisatrice québécoise Monia Chokri pouvait difficilement imaginer un meilleur scénario pour le lancement de son premier long métrage, La femme de mon frère, mercredi soir au Festival de Cannes.   

Monia Chokri semblait d’ailleurs encore sous le choc quand elle s’est confiée à un petit groupe de journalistes québécois à la sortie de la salle, quelques minutes après la fin de la projection : « C’est un sentiment étrange. C’est comme si je n’avais rien vu ni rien entendu », a-t-elle lancé, la voix tremblotante.

« C’est beaucoup d’émotions en même temps, a ajouté l’actrice principale du film, Anne-Élisabeth Bossé. Je suis un peu dans le même état que Monia. C’était surréaliste. »  

Si elle avoue avoir douté tout au long de la projection, Monia Chokri avait de quoi être rassurée en voyant la réaction du public pendant le générique final. Les spectateurs qui étaient assis autour d’elle – dont son bon ami Xavier Dolan – se sont tous levés d’un bloc pour l’applaudir chaleureusement pendant plusieurs minutes.

  • ÉCOUTEZ Maxime Demers, qui est à Cannes, au micro de QUB radio:

En soirée, elles ont foulé le tapis rouge en compagnie des producteurs du long métrage, Nancy Grant et Sylvain Corbeil.
Photo AFP
En soirée, elles ont foulé le tapis rouge en compagnie des producteurs du long métrage, Nancy Grant et Sylvain Corbeil.

Une comédie qui fait mouche  

Présenté en ouverture de la section Un certain regard, La femme de mon frère relate la crise existentielle de Sophia (excellente Anne-Élisabeth Bossé), une jeune trentenaire qui n’arrive pas à trouver un emploi dans son domaine après avoir obtenu un doctorat en philosophie. Hypocondriaque, névrosée et toujours insatisfaite, elle trouve sa seule source de réconfort dans sa relation fusionnelle avec son frère Karim (Patrick Hivon). Sauf que quand celui-ci tombera amoureux de sa gynécologue (Évelyne Brochu), Sophia devra trouver d’autres repères dans sa vie.  

Avec ce premier long métrage, Monia Chokri a misé sur la comédie et le résultat se révèle assez convaincant. La réalisatrice excelle dans l’art d’écrire des dialogues savoureux et de mettre en scène des personnages à la fois exubérants et attachants. Difficile de ne pas comparer son cinéma à celui de Xavier Dolan, tant les liens de parenté sont nombreux, notamment dans son esthétique ultra léchée et colorée. Mais La femme de mon frère a sa propre énergie et est doté d’un charme singulier. Un premier effort prometteur.

Photo AFP

  

 Dolan déjà en mode festival  

Même si la première de son film est prévue dans seulement une semaine, Xavier Dolan est déjà arrivé à Cannes, et il n’a pas perdu de temps avant de se plonger dans l’ambiance du festival.  

Le cinéaste québécois, qui est un des chouchous de Cannes depuis qu’il y a lancé sa carrière il y a dix ans avec son film J’ai tué ma mère, a participé mercredi après-midi à une classe de maître en compagnie de la célèbre actrice Julianne Moore et du réputé réalisateur allemand Werner Herzog. Puis, en soirée, le réalisateur de Mommy a foulé le tapis rouge pour assister à la première du film La femme de mon frère, qui a été réalisé par sa bonne amie Monia Chokri.  

C’est un Dolan souriant et très en verve qui s’est présenté à la classe de maître organisée par MasterCard (un des commanditaires du festival), mercredi. Questionnés par un modérateur, Dolan, Moore et Herzog ont discuté notamment de leur passion pour le cinéma, de leurs inspirations musicales et littéraires et de leurs méthodes de travail.

Xavier Dolan a donné une classe de maître en compagnie du réalisateur allemand Werner Herzog et de l’actrice américaine Julianne Moore, en marge du festival.
Photo tirée de Twitter
Xavier Dolan a donné une classe de maître en compagnie du réalisateur allemand Werner Herzog et de l’actrice américaine Julianne Moore, en marge du festival.

Xavier Dolan est revenu sur ses débuts comme cinéaste, mais il a aussi parlé de son travail en tant qu’acteur. Le Québécois de 30 ans joue d’ailleurs un des rôles principaux de son nouveau film, Matthias et Maxime, qu’il dévoilera mercredi prochain au festival. C’est la première fois depuis Tom à la ferme (2014) qu’il tient la vedette dans un de ses films.  

« J’ai joué dans mes deux premiers films (J’ai tué ma mère et Les amours imaginaires) et ils sont douloureux à regarder pour moi, parce que je sais aujourd’hui que ma tête était ailleurs à l’époque, parce que je donnais toujours la priorité aux autres acteurs et que je tournais mes scènes à la fin de la journée, pendant les quinze minutes qu’il restait », a-t-il confié pendant la discussion.  

« Mais j’ai eu la chance par la suite de travailler avec beaucoup de très bons acteurs et j’ai pu apprendre en les observant. J’essaie maintenant d’intégrer ce que j’ai appris avec eux dans ma façon de travailler. J’ai aussi la chance aujourd’hui d’avoir à mes côtés des collaborateurs qui sont très critiques envers mon travail. Quand je vois la réaction de ma script-éditeur après avoir tourné une scène, je sais tout de suite si je dois la refaire ou pas. »  

  

 De grosses pointures  

En soirée, la projection du film français Les Misérables a attiré plusieurs grosses pointures, dont l’actrice américaine Amber Heard, l’humoriste Jamel Debbouze, le comédien Mathieu­­­ Kassovitz et Carla Bruni.  

  

 Échos de la Croisette  

 Une mise en garde de Selena Gomez  

Très populaire auprès des jeunes, l’actrice et chanteuse Selena Gomez a profité mercredi de la conférence de presse du film Les morts ne meurent pas pour mettre en garde sur les risques des médias sociaux : « Je crois que les médias sociaux ont été terribles, surtout pour les gens de ma génération », a lancé celle qui compte plus de 150 millions d’abonnés sur Instagram.  

« C’est formidable d’avoir une plateforme pour s’exprimer. Mais ça m’effraie de voir toutes ces jeunes femmes et ces jeunes hommes s’exposer dangereusement sur les réseaux sociaux. »  

Questionnée plus tard à savoir s’il y avait moyen de rendre Instagram plus sécuritaire, Selena Gomez s’est montrée peu rassurante. « Je crois qu’au point où on est rendu, c’est impossible. Personnellement, j’essaie de ne pas publier de photos inutiles. Mais je rencontre souvent des jeunes filles après mes concerts, qui sont dévastées par l’intimidation qu’elles subissent [sur les réseaux sociaux]. Je dirais qu’il faut faire très attention en les utilisant. »  

L’humour de Bill Murray  

Difficile d’obtenir des commentaires sérieux de la part de Bill Murray. Au lendemain de la première du film de zombies Les morts ne meurent pas, le comédien américain de 68 ans a répondu aux questions des journalistes avec son célèbre humour pince-sans-rire. Questionné d’abord sur les films d’horreur qui lui font le plus peur, l’acteur­­ du Jour de la marmotte et de SOS Fantômes a répondu du tac au tac : « Moi, c’est Cannes que je trouve effrayant ». Puis quand une journaliste lui a demandé s’il croyait à la vie après la mort, Murray­­­ y est allé de cette réponse déconcertante : « Je crois qu’il y a une vie après la mort, mais pas pour tout le monde. Je vais donc pouvoir y revoir certains d’entre vous, mais pas tous ! »  

La femme de mon frère sortira en France  

Présenté mercredi à Cannes, le film La femme de mon frère, de la réalisatrice québécoise Monia Chokri, sortira en France le 26 juin prochain, soit deux semaines après sa sortie au Québec (le 7 juin). L’affiche française du long métrage était d’ailleurs publiée mercredi sur la première page de l’édition quotidienne du magazine Le film français, qui est distribuée sur le site du Festival de Cannes.