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3e lien à l’est: Bonnardel conforté par les résultats de l'enquête

3e lien à l’est: Bonnardel conforté par les résultats de l'enquête
Photo Simon Clark

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Les données de la plus récente Enquête origine-destination ne remettent «pas en question du tout» le positionnement à l’est du 3e lien Québec–Lévis imposé par le gouvernement Legault, selon le ministre des Transports, François Bonnardel.

Au contraire, «ça nous démontre à quel point les gens qui partent de l’est pour se rendre du côté est (de l’autre rive) [...] ont besoin, nécessairement, d’un lien additionnel», a commenté le ministre Bonnardel, après le dévoilement des résultats par ses fonctionnaires.

Menée auprès de 35 000 ménages à l’automne 2017, la nouvelle Enquête origine-destination (EOD) confirme que la majorité (31 000) des déplacements effectués dans la région se font dans l’ouest des villes de Québec et de Lévis. «Normal», considère M. Bonnardel, puisque c’est dans ce même secteur que sont situés les deux ponts actuels, l’un à côté de l’autre.

Une option additionnelle

En revanche, le ministre des Transports constate une augmentation du nombre de déplacements effectués d’est en est (21 000), des deux côtés du fleuve.

«On peut prétendre que ceux qui circulent est-est vont nécessairement utiliser le 3e lien, parce que ce sera une option additionnelle. Ils n’auront pas à traverser les deux principaux liens présentement», croit M. Bonnardel.

Le ministre des Transports estime que sur les 31 000 déplacements effectués dans l’ouest, de 10 à 15 % des gens considéreront l’utilisation du futur 3e lien.

Il promet d’ailleurs, avant l’automne, de présenter une mise à jour de l’échéancier du projet pour lequel une première pelletée de terre a été promise d’ici 2022.

Délaisser l’auto-solo

Par ailleurs, devant une hausse du recours au transport collectif à Lévis, mais une baisse du côté de Québec, M. Bonnardel s’attend à ce que l’interconnexion des réseaux de transport en commun en passant par le 3e lien en encourage plusieurs à délaisser l’auto.

«Pour changer les comportements des gens, il y a une question de coûts, de durée et de confort. Donc quand le réseau structurant sera bâti, qu’on pourra connecter donc à l’ouest et à l’est ces deux réseaux, je pense que tout le monde va en bénéficier», a dit M. Bonnardel.

Contrairement à ce qu’il a laissé entendre en point de presse, cette interconnexion n’aura pas à se faire à l’intérieur du budget du réseau structurant à 3,3 G$.

Le gouvernement du Québec devra donc débourser des sommes additionnelles afin d’assurer l’interconnexion des deux réseaux de transport en commun tant à l’est qu’à l’ouest.

Tel que mentionné en février dernier, comme il s’agit d’une «exigence» imposée par le gouvernement Legault pour appuyer le réseau structurant, «l’interconnexion avec le 3e lien ne fait pas partie de l’enveloppe de 3 G$», a précisé l’attachée de presse du ministre Bonnardel, Sarah Bigras.

Le réseau structurant d’abord

La députée de Québec solidaire, Catherine Dorion, a invité le ministre Bonnardel à revoir ses priorités, au bénéfice du projet de réseau structurant.

«Ce que ça nous dit, c'est que s'il y avait un troisième lien à l'est, ça déplacerait une toute petite partie du trafic qui, en ce moment, est sur les ponts Laporte et pont de Québec vers le troisième lien. Et en plus, cette partie du trafic là qui serait déplacée à l'est viendrait congestionner la 40 Est», craint la députée de Taschereau, qui s’oppose au 3e lien.

«De toute façon le gouvernement a déjà fait son lit», a réagi de son côté le député libéral de Jean-Talon, Sébastien Proulx, qui sans être «fermé à l’idée» d’un 3e lien à l’est, trouve que la CAQ procède trop rapidement dans ce dossier. «S’ils ont toujours l’intention d’aller aussi rapidement avec ce projet, bien ils doivent accélérer le développement, la construction du transport collectif à Québec, parce que c’est un tout», a dit M. Proulx.