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Gilbert Rozon joue le tout pour le tout en Cour d’appel

L’homme d’affaires veut faire tomber l’action collective de plus de 10 millions $ le visant

Gilbert Rozon est arrivé à la Cour d’appel en même temps que le regroupement de femmes Les Courageuses, dont fait partie la comédienne Patricia Tulasne. Elles l’accusent d’être un prédateur sexuel et lui réclament plus de 10 millions $.
Photo Chantal Poirier Gilbert Rozon est arrivé à la Cour d’appel en même temps que le regroupement de femmes Les Courageuses, dont fait partie la comédienne Patricia Tulasne. Elles l’accusent d’être un prédateur sexuel et lui réclament plus de 10 millions $.

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L’action collective contre Gilbert Rozon a beau le stigmatiser, reste néanmoins qu’il s’agit du meilleur moyen de le juger pour des décennies d’inconduites sexuelles, a plaidé l’avocat des femmes qui lui réclament plus de 10 millions $.

« On comprend l’effet que peut avoir le fait d’être visé par cette demande, mais il s’agit ici d’un moyen d’avoir accès à la justice, il y a peu d’autres domaines où une action collective est aussi utile », a déclaré Me Bruce Johnston, jeudi, à la Cour d’appel de Montréal.

Le plus haut tribunal de la province a entendu jeudi le magnat de l’humour déchu, qui a joué le tout pour le tout en tentant de mettre fin à l’action collective instiguée par le regroupement Les Courageuses, qui l’accusent d’être un prédateur sexuel.

Pour l’occasion, Rozon s’est déplacé à la cour en personne, bien qu’il n’ait pas voulu commenter quoi que ce soit. Il s’agissait d’une première depuis le début de ses déboires judiciaires dans la foulée du mouvement #MoiAussi.

Des représentantes des Courageuses, dont la comédienne Patricia Tulasne, s’étaient elles aussi déplacées.

Patricia Tulasne
Photo Chantal Poirier
Patricia Tulasne

« C’est important d’être ici pour montrer notre solidarité et qu’on est ensemble », a mentionné Mme Tulasne.

Chaque cas est différent

Selon l’avocat de Rozon, l’action collective qui avait été autorisée en Cour supérieure n’a pas lieu d’être, puisque chaque cas est différent.

« Le seul rattachement [entre chaque victime présumée], c’est M. Rozon, a ajouté Me Raymond Doray. En quoi est-ce que ça fait avancer les choses si, après, il faut tenir des procès individuels [pour chaque plaignante] ? »

Il en a également contre les allégations voulant que Rozon ait utilisé son influence, son argent et son pouvoir afin de commettre des inconduites sexuelles. Or, quatre plaignantes n’ont jamais été en relation d’emploi avec l’ancien magnat de l’humour.

Lors de ses plaidoiries, Me Doray a également fait référence à la cause de Jian Ghomeshi, un ex-animateur de CBC qui avait été accusé d’agression sexuelle, mais ensuite acquitté. Il s’agit d’une « belle leçon de société » de ne pas juger trop vite, a-t-il dit.

Ne plus entendre ces propos

« C’est quand même énorme, en 2019, de dire que M. Ghomeshi nous a donné une belle leçon de société, tout simplement parce qu’il a gagné, a rétorqué Mme Tulasne. C’est pour ne plus entendre ce genre de propos que je me bats. »

L’avocat des Courageuses a d’ailleurs défendu l’action collective, qui permet aux victimes d’obtenir justice tout en restant anonymes, pour le moment.

Le panel de trois juges a pris l’affaire en délibéré.


Parallèlement à cette action collective, Gilbert Rozon fait également face à des accusations criminelles de viol et d’attentat à la pudeur sur une femme, pour des faits qui seraient survenus dans les années 1970, avant qu’il fonde Juste pour rire.

Quelques réactions

« L’action collective vise la vie complète de M. Rozon. On essaye d’en faire une question collective, mais ce n’est pas le cas. »

– Raymond Doray, avocat de Gilbert Rozon


« Ici, le lien entre chaque cas, c’est qu’il s’agit du même agresseur. C’est évident que ça va aider de savoir si [Rozon] est un prédateur sexuel. »

– Bruce Johnston, avocat des Courageuses


« Après 30 ans de silence, je suis contente de signifier à M. Rozon ma présence, j’ai décidé de dire ce qu’il a fait. Je me sens confiante, j’espère que le résultat nous sera favorable. »

– Patricia Tulasne, comédienne


« Pas de commentaires, bonne journée. »

– Gilbert Rozon