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Exit le curé du Plateau

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Luc Ferrandez a démissionné. Inflexible comme une tige de fer, le maire du Plateau-Mont-Royal se positionne néanmoins en victime. Il accuse la mairesse Valérie Plante de se traîner les pieds en matière d’environnement, tout en jurant ne pas vouloir affaiblir son leadership. Une chance...

Avant que ses disciples ne le canonisent, rappelons qu’il s’autoproclame un leader « autoritaire progressiste ». Or, le progressisme, le vrai, est le contraire de l’autoritarisme. Une chose est sûre : l’homme n’est pas le pogo le plus humble de la boîte.

Excellent jardinier

Il a certes « verdi » le Plateau. Il ferait sûrement un excellent jardinier. Mais comme maire, il n’écoutait que ceux qui l’encensaient. Incapable du moindre dialogue, l’invective face aux citoyens dont les doléances le dérangeaient était son modus operandi de prédilection.

Sous son règne, plusieurs commerçants ont pâti. Rendant le stationnement cher et rarissime (non, je n’ai pas de voiture), Luc Ferrandez les traitait comme l’incarnation du capitalisme sauvage. Au lieu d’y voir le cœur d’une vie de quartier vibrante, combien ont vu leurs clients prendre leur « gros char » pour se réfugier au DIX30 ?

Rambo de vaudeville

Déneigeant les pistes cyclables avant les trottoirs (oui, je souhaite plus de vélos en ville), il a fait fi de la sécurité de ses citoyens. Cherchant à y interdire toute circulation en voiture, même le Mont-Royal semblait lui appartenir. Finalement, la politique étant l’art du compromis, Luc Ferrandez a choisi la pire profession pour lui-même.

À force de jouer au Rambo de vaudeville, son pouvoir d’influence au sein des troupes de Valérie Plante a fondu comme neige au soleil. D’où son départ. Conclusion : Mme Plante a pris suffisamment de coffre pour lui faire comprendre qu’il n’était pas le maire de Montréal.

À la décharge de Luc Ferrandez, je lui reconnaîtrai cependant ceci. L’urgence climatique est réelle. Quand un élu démissionne pour des principes qu’il juge sacrés, pour ou contre, ça force aussi le respect. Pour le reste, on repassera.