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Google et Facebook, des ennemis publics

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De tous les géants d’internet, Google et Facebook sont de loin les plus menaçants, même si c’est de Netflix dont on s’inquiète. Surtout pour des questions de taxes et d’impôt.

Netflix, Apple TV, Spotify et les autres services d’écoute en continu de télévision et de musique n’ont fait que bouleverser les services existants, moins universels et moins performants. Uber, Lyft, Amazon et toutes les entreprises semblables ont simplement compris les possibilités d’internet comme autrefois, les sociétés les plus futées avaient compris la chance que leur offraient le service postal ou le téléphone.

Facebook et Google, ce n’est pas tout à fait la même chose. L’un et l’autre menacent l’ordre social, compromettent notre liberté, font fi de la propriété intellectuelle et mettent en péril la démocratie en colportant la haine, l’injure et la désinformation.

ZUCKERBERG RIT SOUS CAPE

Les 2,3 milliards d’abonnés de Facebook savent-ils seulement l’argent qu’on fait à leurs dépens en exploitant les coordonnées et les informations personnelles qu’ils livrent si allègrement ? Même si Mark Zuckerberg ne rate jamais une occasion de clamer ses bonnes intentions, il doit bien rire sous cape de la naïveté des gens. Comme la direction de Google qui a réussi à mettre à genoux la plupart des entreprises de presse du monde. La moitié de toute la publicité faite sur le net - 330 milliards $US - se retrouve désormais dans les tiroirs-caisses de Facebook et de Google. Une vraie mine d’or.

Google fait fortune en pillant le contenu qu’ont payé les autres médias. L’initiative s’est avérée si lucrative qu’en 2006, Google a acheté YouTube pour appliquer à peu près le même principe, c’est-à-dire « héberger » des vidéos et de la musique que des milliers d’individus en mal de reconnaissance veulent bien lui envoyer gracieusement.

PLUS D’UN MILLIARD PAR MOIS

YouTube accueille chaque mois plus d’un milliard de ces envois dans lesquels pigent ensuite des millions de curieux. S’il s’agit de contenu original produit par ce qu’on appelle les « youtubeurs », ceux-ci sont payés. Quelques-uns touchent des milliers et des milliers de dollars, mais la plupart ne retirent que des pinottes ou rien du tout du contenu qu’ils envoient.

Quant aux compositeurs et aux auteurs qu’exploitent les youtubeurs, ils ne touchent pas un rond. Google prétend qu’il n’a rien à leur payer puisqu’il ne fait « qu’héberger » des contenus. Qu’on les regarde, les écoute ou les lit, ça n’est pas son affaire... mais ça lui permet de vendre de la publicité à la tonne. Ces trous dans les lois du droit d’auteur, les pays de l’Union européenne s’apprêtent à les colmater. Au Canada comme dans plusieurs autres pays, on tergiverse, on consulte et on perd un temps fou.

Pire encore, en leur octroyant une part grandissante de leur publicité, nos gouvernements se font complices du piratage de Google, de la désinformation et des bris de confidentialité auquel se livre Facebook. Plus incroyable encore, nos gouvernements sont prêts à indemniser les organismes de presse que les exactions de Google rendent exsangues. Pourtant, la publicité à la télévision, à la radio, dans nos journaux et nos magazines existe encore et garde son efficacité, comme le démontrent les entreprises qui lui sont restées fidèles.

Plutôt que poursuivre le voleur, l’état indemnise celui qui se fait voler. Drôle de logique!